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Jean Favier offre sur l’évêque Pierre Cauchon un nouvel éclairage

L’académicien des inscriptions et belles-lettres est l’invité de Christophe Dickès

Dans la postérité, Pierre Cauchon laisse une image parfaite : celle du traître, homme de paille des Anglais, qui jugea le symbole de renaissance française en la personne de Jeanne d’Arc. Pourtant, il convient de replacer le personnage dans le contexte de son époque afin de mieux comprendre ses motivations et ses choix. Jean Favier nous présente un monde, celui de l’Université dont le rôle fut déterminant dans une époque de désarrois à la fois politique et religieux. Sans charger le personnage, mais sans l’exonérer non plus de ses responsabilités, il éclaire d’un jour nouveau cette période du bas Moyen-Âge.


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« Plus que les autres mais comme eux, l’évêque de Beauvais émerge en 1431 du néant, ce qui laisserait penser que les Anglais ont sorti de leur boîte à malices un homme de paille qui n’attendait que cette occasion pour exister. » Rien n’est évidemment plus faux que cette sentence. Sans juger l’homme, l’historien médiéviste redonne à Pierre Cauchon sa place dans l’histoire. Le livre de Favier est moins une biographie de Pierre Cauchon qu'une monographie consacrée à cette institution médiévale qui domine le XIVe et le début du XVe siècle : l'Université.

En effet, cette dernière joue un rôle majeur en une époque marquée à la fois par le Grand Schisme d'Occident mais aussi la guerre entre la France et l'Angleterre, Armagnacs et Bourguignons. Dans cet imbroglio où chacun doit choisir son camp et lutter pour rétablir la paix, Cauchon joue un rôle non négligeable : il participe à une tentative de réconciliation des papes en 1407 ; il est présent en 1413 à l'occasion des Etats-Généraux qui visent à réorganiser un royaume exsangue ; il se rend aussi à Constance pour le Concile qui mettra fin au Grand schisme d’Occident. Quelques années plus tard, on le retrouve à Troyes en 1420 aux côtés d'Isabeau de Bavière… Le pape Martin V salua chez lui « l’honnêteté des mœurs, la prudence des affaires spirituelles et l’habileté dans les temporelles. » Il faut dire que l’évêque Pierre Cauchon n’avait point démérité puisqu’il joua un rôle décisif dans l’obligation pour les clercs du royaume de payer double impôt au roi et au pape…

En cette époque de décadence, Cauchon appelle de ses vœux l’ordre et prend le parti des Bourguignons et du duc de Bedford. Mais tout se complique le jour où Jeanne s'empare d'Orléans. Cauchon est directement concerné par l’entreprise « nationale » de cette jeune fille qui se dit envoyée de Dieu. Médiocre théologien, juriste de petite envergure, Cauchon est meilleur diplomate, assez fin pour se poser la question du jugement thomiste : si Jeanne a raison, il sait que ses propres choix le placent dans le péché mortel. Alors il s'arrange avec le droit, fait des compromis de bas étage entre l’Université et l’inquisition pour monter un procès joué d’avance.

Tout, dans ce procès, fut inédit explique(...)


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