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Pourquoi le don de gamète doit-il rester anonyme ?

Réponses avec Georges David, fondateurs des CECOS et Pierre Jouannet, ancien responsable du CECOS de l’Hôpital Cochin, de l’Académie de médecine

Le sigle « CECOS » ne vous dit peut-être rien. Pourtant, chaque année les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme aident quelque 1500 couples à avoir des enfants ; de véritables prouesses techniques qui ne pourraient pas se faire sans l’aide des donneurs de gamètes. Un projet de loi vise à lever partiellement leur anonymat ; une catastrophe qui réduirait le don à zéro selon nos deux invités Georges David, fondateur du centre et Pierre Jouannet, son successeur. Explications.


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Un enfant conçu par don de sperme ou d’ovocyte peut-il connaître le nom du donneur ?
Cette question revient régulièrement à l’Assemblée nationale pour proposer de lever l’anonymat, même partiellement dans le cadre de la modification des lois de bioéthique.
A l’origine de cette réflexion de jeunes adultes, enfants issus d’insémination artificielle avec donneur, (IAD) se sont réunis en association pour faire entendre leur mal être, la souffrance de ne pas connaître le donneur qui leur a donné en partie la vie.
Mais les médecins du Comité consultatif national d’éthique, les membres de l'Académie nationale de médecine, des psychiatres, et d’anciens directeurs de CECOS pensent au contraire que le don doit rester anonyme.[[ Le projet de loi n'a pas été retenu par l’Assemblée nationale, en accord avec les recommandations de l’Académie nationale de médecinep[-
Pour Pierre Jouannet, ce n'est pas tellement la question de l'anonymat qui gêne. Ce sont les conséquences d'une levée de l'identité du donneur qui l'inquiète : « Si le donneur ou la donneuse est présent dans le champ de vision, il va se créer des liens probablement entre l’enfant et le donneur. Cela aura des conséquences pour les parents stériles mais aussi des conséquences pour la famille des donneurs. »

Décryptage.

Il y a encore une vingtaine d’années, 2000 à 3000 couples faisaient appel aux CECOS pour palier une stérilité le plus souvent masculine.
Depuis la découverte de l’injection directe d’un spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI), une partie des stérilités masculines a pu bénéficier de ce traitement, diminuant le nombre de demandes d’insémination artificielle avec donneur de 1200 à 1500 par an aujourd’hui.

A la base, il y a les donneurs. « Ils ont le plus souvent été sensibilisés à cette question par des proches confrontés à la stérilité » explique Pierre Jouannet. Les donneurs doivent déjà être parents, pour éviter la confusion entre géniteur et parent biologique. Autre point essentiel : le compagnon du donneur doit donner également son consentement.

Fin 2010, un projet de loi a proposé une levée partielle de l’anonymat du donneur. Le texte prévoyait que le couple receveur et l’enfant à naître pourrait accéder aux données physiques du donneur (taille, âge, poids), mais(...)


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