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ES589
Jean Cluzel : Démocratie et responsabilité
Une communication à l’Académie des sciences morales et politiques
Dans quelles conditions peut-il exister une démocratie efficace animée par des hommes véritablement libres et responsables ? Jean Cluzel analyse les responsabilités politiques exercées dans notre pays tant au niveau territorial qu’au niveau national. Il expose également pourquoi les responsables des Institutions démocratiques doivent savoir faire preuve autant de courage que de lucidité. Cette communication entre dans la série de réflexions menées à l’Académie des sciences morales et politiques durant l’année 2010 sur le thème de la démocratie.
Pour comprendre le sens du rapprochement de ces deux mots il faut remonter à la source athénienne et à la définition de la démocratie par Socrate : « Le meilleur régime à condition que le peuple soit éduqué ». Il s’agit là d’une règle fondamentale de responsabilité dont nul ne saurait s’affranchir. Et Jacqueline de Romilly l’a confirmé dans un discours prononcé sous la Coupole en octobre 2008. Pour elle, l’ « éducation » a comme objectif de mener un être à l’accomplissement des qualités propres à l’espèce humaine que sont : « L’esprit, le caractère et l’aptitude à la vie en société ». Par-delà près de vingt cinq siècles quel plus fidèle écho donner à Socrate ? Ainsi se trouve jalonnée la longue quête des hommes décidés, en citoyens responsables, à soutenir le gouvernement démocratique des collectivités auxquelles ils appartiennent.
La démocratie est, à la fois, la doctrine qui confère à la majorité des citoyens la souveraineté politique et la forme de gouvernement selon laquelle cette responsabilité est exercée. C’est en fonction de cette définition que je présenterai trois séries de réflexions sur le vécu de la démocratie dans notre pays :
- Esquisse d'une sociologie de la démocratie
- Démocratie territoriale
- Démocratie et constitution.
I – Esquisse d'une sociologie de la démocratie
Dès que l’on opte pour la gestion collective des affaires de la Cité, se posent trois questions :
- Quelle sera la configuration de la collectivité ?
- Quel sera le mode de désignation de ses élus ?
- Quelle sera l’étendue de leurs pouvoirs ?
Réponses :
1/ L’universalité démocratique peut être relative
Si l’on se réfère à la France on peut avancer qu’entre 1789 et 1946, cette universalité fut souvent relative. Tel que, par exemple le cas du rejet ou de la non inclusion de certaines catégories du peuple :
- Les trop jeunes ; en se souvenant que le mot enfance est dérivé d’un mot latin signifiant : celui qui ne s’exprime pas.
- Les exclus : religieux ou raciaux.
- Les femmes (jusqu’en 1946) parce qu’elles étaient politiquement considérées comme irresponsables. A ce sujet, il convient de rappeler que si le Sénat entre les deux guerres - en régime de bicamérisme équilibré - a refusé d’accorder le droit de vote aux femmes, les responsables en sont(...)
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