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Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts 2010

L’onirisme dans la peinture
La séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts est l’une des plus exceptionnelles de l’Institut, offrant à son public des moments musicaux rares et uniques. Palmarès et discours sont accompagnés pour la circonstance, d’un orchestre symphonique et d’un chœur pour le plus grand plaisir des académiciens, des lauréats et des invités. Canal Académie vous propose d’écouter des extraits de cette séance solennelle qui s’est déroulée le 17 novembre 2010.


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L’architecte Roger Taillibert a salué la mémoire de ses confrères disparus au cours de l’année écoulée. Le peintre Leonardo Cremonini, membre associé étranger de l’Académie est décédé le 12 avril 2010. Nommé chef d’atelier à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1983, il y défendit pendant vingt ans, à contre courant des esthétiques, une peinture éminemment composée. Il pensait qu’aujourd’hui, la peinture devait éviter de faire du bruit, « car seul le doute est dynamique ».

Arnaud d'hauterives, Roger Taillibert, Laurent Petitgirad (de gauche à droite), 17 novembre 2010, Académie des beaux-arts
Arnaud d’hauterives, Roger Taillibert, Laurent Petitgirad (de gauche à droite), 17 novembre 2010, Académie des beaux-arts
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

Après un moment de recueillement, l’assemblée a été invitée à écouter l’Alborada del gracioso, extrait de Miroirs de Maurice Ravel dans l’orchestration du compositeur, interprété par l’Orchestre Colonne dirigé par l’académicien confrère Laurent Petitgirard. La Coupole de l’Institut de France, pour cette séance, s’est transformée en salle de concert, le temps d’accueillir l’orchestre symphonique Colonne, au pied du cénotaphe du cardinal Mazarin. Cuivres, cymbales, percussions se sont fait entendre parmi les cordes et tous les instruments de l’orchestre.

Le compositeur et chef d’orchestre Laurent Petitgirard a procédé à la proclamation du Palmarès 2010 de l’Académie des beaux-arts. Il a d’abord remercié les donateurs, qui permettent l’action de soutien à la création de l’Académie des beaux-arts. Michel David-Weill, Marc Ladreit de Lacharrière, Léonard Gianadda, Liliane Bettencourt représentée aujourd’hui par la direction de la Fondation Bettencourt-Schueller, Nahed Ojjeh, correspondante de l’Académie, Jean-Pierre Grivory, Maria Pilar de la Béraudière et les disparues Simone del Duca et Simone Lurçat, ont été ainsi très salués pour leur générosité.

Plus de 40 prix sont remis, représentant un total de plus de 450.000 euros, montant auquel il faut ajouter plus de 500.000 euros d’aides et encouragements que l’Académie distribue annuellement aux artistes. La plupart sont des prix d’encouragement à la création.

L'ensemble des lauréats des prix de l'Académie des beaux-arts de l'année 2010, devant l'Institut de France, Séance publique annuelle de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
L’ensemble des lauréats des prix de l’Académie des beaux-arts de l’année 2010, devant l’Institut de France, Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

Principaux Prix décernés par l’Académie des Beaux-Arts en 2010

- Les Prix de la Fondation Simone et Cino Del Duca, d’une valeur de 50 000 € chacun, ont été décernés à Jean Le Gac pour la peinture, Gérard Koch pour la sculpture et Thierry Pécou pour la composition musicale.

- Grand Prix d’Architecture composé de trois prix décernés respectivement à Marine Miroux pour le Grand Prix et Prix Charles Abella d’une valeur de 25 000 €, à Nathanaël Dorent pour le Prix André Arfvidson d’une valeur de 10 000 € et à Catherine Maraite pour le Prix Paul Arfvidson d’une valeur de 5 000 €.

- Le Prix Liliane Bettencourt pour le Chant Choral, d’une valeur de 40 000 €, a été décerné au Chœur Britten dirigé par Nicole Corti.

- Les Prix Pierre Cardin d’une valeur de 7623 € chacun, ont été décernés à Arthur Aillaud pour la peinture, Tamim Sabri pour la sculpture, Eric Cassar pour l’architecture, Marjan Seyedin pour la gravure et à Ondrej Adamek pour la composition musicale.

- Le Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts-Marc Ladreit de Lacharrière, d’une valeur de 15 000 €, a été décerné à Marion Poussier.
- Le Prix François-Victor Noury, d’une valeur de 20 000 €, a été décerné à Mathieu Amalric.

- Les Prix d’ouvrages d’art dont le Prix du Cercle Montherlant – Académie des beaux-arts, d’une valeur de 10 000 € a été décerné à Françoise Boudon et Claude Mignot pour l’ouvrage Jacques Androuet du Cerceau, les dessins des plus excellents bâtiments de France aux Éditions Le Passage.

- Le Prix Jean Lurçat, Grand prix de bibliophilie, d’une valeur de 7500 €, a été décerné à l’ouvrage Le Soudeur de murmures, textes de Luis Mizon, sérigraphies d’Alexandre Hollan – Ateliers Eric Seydoux/Éditions Écart.

Laurent Petitgirard dirigeant l'Orchestre Colonne, Séance publique annuelle de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
Laurent Petitgirard dirigeant l’Orchestre Colonne, Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

Les invités ont eu le grand privilège d’écouter sous la Coupole de l’Institut dont l’acoustique est excellente des moments musicaux qui ont ponctué la proclamation du palmarès. Laurent Petitgirard a choisi le Scherzo de la Première Symphonie d’Henri Dutilleux, une œuvre de jeunesse du compositeur qu’il place au rang de chef-d’œuvre.

Le Chœur Britten sous la direction de Nicole Corti, Séance publique annuelle de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
Le Chœur Britten sous la direction de Nicole Corti, Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

Le chœur Britten dirigé par Nicole Corti, lauréat du Prix Liliane Bettencourt pour le Chant Choral, a enchanté les invités transformant l’espace de la coupole en scène de théâtre. Les choristes dans une mise en scène adaptée au lieu, près des grandes portes d’entrée de la chapelle, ont interprété l’Ave Maria de Gustav Holst, Die Capelle de Robert Schumann et Nuées de Maurice Ohana.

Ce chœur de femmes, a entamé Nuées d’Ohana, dos tournés au public, puis les choristes ont lentement commencé à se mouvoir au rythme du chant pénétrant. Les douze chanteuses ont ensuite, délicatement, cérémonieusement descendus les marches des escaliers conduisant au cœur de la coupole, rayonnant de leur présence et inondant de leurs voix l’espace choral de la coupole, sous l’œil médusé des spectateurs. L’écoute, la communion avec le public était presque palpable.

Arnaud d'Hauterives, Secrétaire perpétuel,Séance publique annuelle de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel,Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

L’invitation au rêve s’est poursuivie avec le discours du secrétaire perpétuel consacré à L’onirisme dans la peinture. Arnaud d’Hauterives a parlé des paysages intérieurs du rêveur. Il a évoqué Odilon Redon, Matisse, Chagall, Gauguin, le douanier Rousseau, Chirico, Max Ernst. La liste serait trop longue et l’évocation des peintres anciens n’a pas manquée. Il a rappelé combien pour Goya, peindre, c’était se saisir de l’étoffe des rêves.

Extraits :

Cet « au-delà des choses », selon le mot d’Odilon Redon, est la grande aventure de la peinture du XXe siècle qui a cherché à révéler ce qui se cache derrière le réel. Le lointain, transformé en motif au XIXème siècle est devenu l’azur. Couleur et lumière, visible et invisible, fini et infini, le bleu du ciel n’est plus « « une matière » mais « une distance et un songe »

...Zao Wou-Ki confirme que chaque toile est « un morceau de cet espace du rêve. » J’ai plaisir à clore ce propos sur l’évocation de l’œuvre de ce grand peintre membre de notre Académie. Lyrique et abstraite, imaginaire et tangible, chacune de ses toiles est le lieu où l’intelligible devient sensible. Les nuances et les lignes précises que l’on devine sous les tonalités presque monochromes de la matière peinte font se lever « le souffle des nuages » et Vent ou Traversée des apparences sont des espaces intimes et pourtant partageables.

En savoir plus

- Palmarès 2010 de l’Académie des beaux-arts : sur la page Actualité du site Internet de l’Académie, retrouvez le Palmarès et les discours prononcés.

- Roger Taillibert de l’Académie des beaux-arts
- Arnaud d’Hauterives de l’Académie des beaux-arts
- Laurent Petitgirard de l’Académie des beaux-arts
- Prix et concours proposés à l’Académie des beaux-arts
- Orchestre Colonne, directeur musical Laurent Petitgirard
- Chœur Britten, direction Nicole Corti

Séance publique annuelle de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
Séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, Institut de France, 17 novembre 2010
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts





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