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ES588
Voltaire-Rousseau : deux conceptions modernes de l’égalité
Une communication de Sylvain Menant, à l’Académie des sciences morales et politiques
Sylvain Menant établit un parallèle entre les conceptions respectives de Voltaire et de Rousseau sur l’égalité. Il en rappelle les bases et explique les rapports de l’égalité et du bonheur. Mais surtout il démontre comment nos sociétés occidentales actuelles restent influencées par ces deux discours.
Cette communication de Sylvain Menant, professeur émérite de l'Université Paris Sorbonne et directeur du Centre d'études de la langue française des XVII è et XVIII è siècles, a été donnée devant les membres de l'Académie des sciences morales et politiques réunis en séance le lundi 8 novembre 2010.
Il a d'emblée annoncé le plan de sa communication :
I – bases des deux conceptions de l’égalité.
A. Voltaire.
B. Rousseau.
II – Aspects plus concrets de l’égalité.
A. Rapports de l’égalité avec le bonheur.
B. Conditions d’une hypothétique réalisation de l’égalité
Dans l’introduction de la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville demande aux hommes de reconnaître que le développement graduel et progressif de l’égalité est à la fois le passé et l’avenir de leur histoire. Ce qu’il appelle une révolution irrésistible. Nietzche de son côté dénonce, avec une ironie cinglante, la doctrine de l’égalité en traitant Rousseau d'« avorton campé sur le seuil des temps modernes, avec sa double nature d’idéaliste et canaille, gagnant à sa cause tout ce que l’humanité compte de plat et de médiocre ».
Le rôle de Rousseau dans le consensus moderne sur l’égalité en droit de tous les hommes n’est pas contesté, mais si l’influence de Voltaire est moins visible que la sienne, elle n’en est pas moins profonde et plus effective. Ses combats pour défendre les victimes d’injustice sont, aujourd’hui son principal titre de gloire. Or, qu’il prenne fait et cause pour le protestant Calas, pour l’esclave mutilé de Candide, ou pour les serfs du Mont Jura, il apparait comme le champion, d’une certaine conception, plutôt de nature juridique et toujours vivante, de l’égalité entre les hommes.
Avec Voltaire et Rousseau, le XVIIIème siècle nous invite à faire l’histoire de l’égalité dans l’histoire de l’humanité. C’est dans cette démarche historique que la définition variable de l’égalité va se préciser. Un dialogue s’instaure d’ailleurs à ce sujet entre les deux auteurs, les œuvres de chacun sont écrites pour une bonne part en échos aux œuvres de l’autre.
- Voltaire, né en 1694, parle et se fait écouter le premier, notamment dans un poème philosophique retentissant publié en 1738 « De l’égalité des conditions ». Né en 1712, Rousseau quand il publie en(...)
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