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Remi de Reims : du mythe à l’histoire, Mémoire d’un saint, Histoire d’une Eglise

avec l’historienne Marie-Céline Isaïa

Spécialiste du Haut Moyen-Âge, Marie-Céline Isaïa est l’auteur d’une étude magistrale consacrée à saint Remi (Cerf, 2010). L’ouvrage présente à la fois la vie de l’évêque de Reims mais aussi à l’image qu’il laissa à la postérité médiévale et à son culte. Un regard éclairant sur la réalité d’un personnage de l’épopée mérovingienne, bien éloigné des images d’Épinal...


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Remi de Reims apparaît comme le grand oublié des études mérovingiennes. A l'ombre de Clovis, ce personnage a fait l'objet de peu d'études mais n'en reste pas moins important dans l'histoire de l'Église: "la gloire du jeune roi franc éclipse sans difficulté la mémoire du vieil évêque, dont le portrait a été construit sur un contraste manichéen. Au roi la gloire, les succès militaires et la faveur divine, à l'évêque l'obscurité de celui qui accomplit simplement à sa place le dessein de Dieu."

Bénéficiant d'une extrême longévité, Remi vécut pourtant bien plus longtemps que Clovis. Il connut aussi parfaitement son père Childéric. Remi est en quelque sorte prisonnier d'une image qui s'est inscrite dans la légende: celle du baptême du roi des Francs. Mais la vie de l'évêque n'est pas réductible à cet événement qui s'inscrivit dans la postérité.

Marie-Céline Isaïa s'emploie à montrer la vie de saint Remi au-delà du baptême en présentant le quotidien d'un pasteur en Belgique seconde, tourné vers ses ouailles et non vers un dessein ou un destin national anachronique.

Présentation de l'éditeur.

Qui n'a jamais entendu parler de Clovis ? Le roi franc appartient à la culture historique commune : la bataille de Tolbiac, le baptême reçu à Reims, la victoire sur les Wisigoths à Vouillé (507) sont les jalons bien connus de la création du royaume de Francie. Face à lui, la figure de son baptiste semble bien terne : Remi, évêque de Reims (m. 533/535), est-il autre chose qu'un serviteur du roi mérovingien ? Cette enquête, menée sur le temps long, apporte des réponses nuancées. Elle dessine d'abord le portrait de Remi en représentant d'une petite élite gallo-romaine. Dès son décès ensuite, elle suit la création du souvenir du saint évêque, qui mêle des considérations religieuses et sociales : au VIe siècle, ses héritiers encouragent la célébration d'un culte aristocratique tandis que l'évêque de Reims le promeut auprès d'un public plus populaire. Jusqu'à la prise du pouvoir par les Pippinides, la dévotion à saint Remi n'est pas le propre des rois mais des aristocrates qui font de l'évêque de Reims leur père et patron.

La rédaction par l'archevêque Hincmar (845-882) d'une monumentale « Vie de saint Remi » bouleverse cette dévotion rémigienne : le texte hagiographique sert désormais de support à la diffusion d'un projet(...)


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