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Quel avenir pour le vivant ? d’après le livre Biodiversité de Patrick Blandin

avec l’auteur, prix Léon de Rosen 2010 de l’Académie française

Une "éthique de la biosphère" : c’est ce que promeut l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Car si nous sommes tous d’accord pour conserver la nature, personne ne s’accorde sur les formes qu’elle doit revêtir. Faut-il monétiser la biodiversité pour lui donner de la valeur face à l’économie qui gère le monde ? Les réserves naturelles doivent-elles être vierges de toute présence humaine ? Et les espèces dites "invasives" doivent-elles être supprimées ? Éléments de réponses en compagnie de Patrick Blandin, ancien directeur au laboratoire d’écologie générale du Muséum national d’histoire naturelle.


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L’économie et l’écologie ont des rapports très conflictuels depuis de nombreuses années.« Au départ, nous avions une vision très morale de la préservation de la nature. Mais les choses changèrent en 1923, lors du premier congrès pour la protection de la nature au Muséum. Et quand l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a été fondée en 1992, son premier secrétaire général a avoué que les raisons morales et esthétiques avaient échoué dans la protection de la nature et qu’il fallait développer des arguments anthropocentriquement utilitaires pour convaincre les masses. Il faut montrer que la nature sert à quelque chose ! »

Une partie des écologues ont décidé d’adopter le langage des économistes en donnant une valeur monétaire à la nature pour la préserver. « Je comprends cette démarche, mais je crains qu’en nous pliant à leurs conceptualisations, nous entrions dans leur jeu. Or nous sommes bien moins forts qu’eux. Il faudrait inverser la vision : faire en sorte que les économistes pensent en terme de biosphère ».

La main de l’homme doit-elle intervenir pour « améliorer » la nature ?

L’exemple de l’entretien des forêts est intéressant pour poser le débat sur l’intervention de l’homme ou pas pour préserver un espace.
Deux visions s’opposent : les premiers pensent que les forêts doivent être entretenues, le bois coupé, élagué, pour que la forêt ne s’étouffe pas d’elle-même ; les autres estiment que l’homme n’a pas à intervenir dans le cours de la vie des forêts. « En Europe, nous avons une longue tradition de la gestion durable de la forêt. L’idée d’exploitation d’une ressource est ancienne et il est vrai qu’on a cherché à simplifier les forêts, sélectionner les essences, et donc réduire la diversité des êtres vivants qui s’y trouvent ».

La question est de savoir ce qu’on veut faire de la forêt : un espace purement de loisir, un espace cultivé pour avoir une ou plusieurs espèces spécifiques, ou encore un lieu où la nature se développe dans toute sa spontanéité.(...)


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