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Michel Bouquet : au registre de l’excellence !

Il incarne "Le Roi se meurt" de Ionesco ! Propos recueillis par Jacques Paugam

Dans notre série « Grands interprètes et patrimoine théâtral », retrouvez Michel Bouquet qui joue « Le Roi se meurt », le chef d’œuvre de Ionesco sur le thème l’impuissance devant la mort. On est là dans le registre de l’excellence : du texte, de la distribution, de la mise en scène, des décors, des costumes, des lumières. Et celle d’un immense comédien : Michel Bouquet !


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J.P. : Avez vous l’impression que cette pièce est l’une de celles qui rend le plus viscéralement perceptible la mort sur une scène de théâtre?

M.B. : Pour moi, la mort n’est pas tout à fait le personnage principal de la pièce, c’est la chose dont ne peut pas parler puisqu’on ne la connaît pas. On ne sait pas ce qu’il y a derrière ni ce qu’elle veut dire. Je pense qu’un homme aussi intelligent que Ionesco ne peut pas avoir l’idée de se dire qu’il va apporter quelque chose de personnel, de particulier, à cette rencontre avec la mort. Sinon une angoisse, mais une angoisse de quelque chose que l’on ne peut pas se figurer. Le Roi, c'est avant tout un homme qui a été particulièrement gâté par la vie, qui a été heureux de pouvoir aller aussi bien dans le sens de ses défauts que dans le sens de ses qualités, ce qui est le privilège des puissants. Et qui a cette habitude de se donner raison. C’est le Monarque. Il arrive même à commander aux nuages pour faire tomber la pluie. Mais les nuages lui obéissent durant très peu de temps et il en est tout navré, tout déconcerté. Il y a là quelque chose de très enfantin. Ce qui est merveilleux dans cette pièce, c’est que cette mort touche un enfant vieillard, un enfant qui est resté enfant avec un grand âge, qui a 400 ans, comme dit la Reine Marguerite.

J. P. N’est ce pas une caractéristique du théâtre d’Ionesco qu’il y ait l’émerveillement de l’enfant d’un côté et en permanence cette angoisse terrible de la mort ?

Le plaisir de la métamorphose

M.B. : Dans cette pièce, en vérité, il y a beaucoup de choses ! Il y a que la vie terrorise le Roi à un point incroyable bien plus que par la mort. Il trouve un accord avec l’idée de la mort. Le choc qu’il a au départ quand il apprend qu’il va mourir dans une heure et demie à la fin du spectacle, ce choc est très fort, de l’ordre de la farce tragique. Et étrangement, plus la pièce avance et plus elle l’adoucit. Je suis très étonné en la jouant. Je n’aurais jamais pensé que la mort puisse adoucir à ce point le choc de cette nouvelle. Soit par le biais du gâtisme soit le biais de la métamorphose. C’est-à-dire du plaisir de la métamorphose : Je(...)


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