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Charles Monselet, gourmet de renom mais poète-gastronome oublié !
La chronique "Histoire et gastronomie" de Jean Vitaux
Charles Monselet fut poète, journaliste, romancier et surtout gastronome ! Né à Nantes en 1825, il avait été surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains. Instantanés littéraires, nouvelles folâtres et romans d’amour, sa bibliographie compte une quarantaine de volumes pleins de couleur, de gaieté et de naturel. Portrait appétissant par Jean Vitaux.
Charles Monselet est un poète bien oublié de nos jours. C'était un gastronome impénitent, qui dans « La Cuisinière Poétique » parue en 1859 chez Hetzel et Levy nous donne une définition incroyable, poétique et onirique de la gastronomie :
- «La gastronomie est la joie de toutes les situations et de tous les âges. Elle donne la beauté et l'esprit. Elle saupoudre d'étincelles d'or l'humide azur de nos prunelles ; elle imprime à nos lèvres le ton du corail ardent ; elle chasse nos cheveux en arrière ; elle fait trembler d'intelligence nos narines. Elle donne la mansuétude et la galanterie.»
- «S'attaquant à tous les sens à la fois, elle résume toutes les poésies : poésie du son et de la couleur, poésie du goût et de l'odorat, poésie souveraine du toucher. Elle est suave avec les fraises des forêts, les grappes des côteaux, les cerises agaçantes, les pêches duvetées ; elle est forte avec les chevreuils effarouchés et les faisans qui éblouissent. Elle va du matérialisme le plus effréné au spiritualisme le plus exquis : de Pontoise à Malaga, de Beaune au Johannisberg. Elle aime le sang qui coule des levrauts, et l'or de race, l'or pâle qui tombe des flacons de Sauternes.»
Charles Monselet était né à Nantes en 1825, où son père tenait un cabinet de lecture. D'abord apprenti chez un négociant en vins, il monta à Paris pour se consacrer à la gastronomie et à la poésie. Fin gourmet, il fréquenta aussi bien les restaurants à la mode comme le Café Anglais que les petits « gorgeots » comme chez Dubochaud, rue Brède, où le patron jouait du violon et dont le vin ne devait pas être si bon, puisque Monselet l'avait surnommé « l'homme du vinaigrius ». Il était lié d'amitié avec tous les écrivains de son temps, Alexandre Dumas, Théodore de Banville et Théophile Gauthier qui collaborèrent à sa « Cuisinière Poétique ». On le décrivait attablé à table comme un chanoine ou un abbé de cour, et il disait de lui-même non sans humour : « Mon renom de gourmet me vient uniquement de ce que je suis grassouillet et que j'ai la lèvre sensuelle : j'ai une figure qui donne faim ». Il se consola de ses amours perdues dans ses lettres à Emilie : «(...)
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