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La Russie romantique  : Emmanuel Ducamp et Dominique Fernandez, de l’Académie française

La Russie romantique à l’époque de Pouchkine et Gogol, Chefs-d’œuvre en provenance de Moscou au Musée de la vie romantique à Paris
Dans cette émission consacrée à l’exposition à Paris La Russie romantique à l’époque de Pouchkine et Gogol : Chefs-d’œuvre de la galerie nationale Tretiakov, vous entendrez successivement Emmanuel Ducamp, spécialiste de l’architecture et des arts décoratifs russes, et l’écrivain académicien Dominique Fernandez, pour qui, comme on sait, les arts et les lettres de la Russie et de l’Italie ont peu de secrets !


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR736
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/carr736.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 5 décembre 2010
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La Russie ne s’est éveillée à la peinture, à la musique et à la poésie qu’au début du XVIIIe siècle avec Pierre le Grand. il faut attendre le début du siècle suivant, pour voir les artistes russes gagner en indépendance, libres de s’inspirer et de créer, en dehors de toute référence religieuse et d’influences étrangères. L’histoire de cette éclosion des arts russes, à travers peintures, sculptures et aquarelles est présentée pour la première fois à Paris, dans le cadre de l’année France-Russie. L’exposition dure jusqu’au 16 janvier 2011, à Paris, au Musée de la vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan (16 rue Chaptal, 75009 Paris).

Pendant le XVIIIe siècle, des artistes étrangers, essentiellement en provenance d’Italie affluèrent en Russie apprenant aux artistes russes l’art de la sculpture jusqu’alors interdite, initiant leurs confrères à l’art profane. Les artistes russes n’ont pas manqué de visiter l’Italie et d’effectuer leur "Grand Tour". Ils en ont rapporté des œuvres et une manière d’appréhender leurs travaux. Après le temps de la copie vint celui de l’indépendance créatrice, spontanée, "naturelle", avec une rapidité qui émerveille l’académicien Dominique Fernandez. « On a peine à croire que Pouchkine, le plus grand de leurs poètes, est en même temps leur premier écrivain. Avant lui, rien. Avec lui, l’équivalent russe de ce que le reste de l’Europe a produit de plus beau », rappelle-t-il.

Les œuvres présentées font partie des collections permanentes de la Galerie Tretiakov et certaines ont même été décrochées des pièces principales. Les commissaires de l’exposition ont eu à cœur de présenter toutes les facettes de l’art russe. Ainsi, on peut admirer au musée de la Vie Romantique à Paris, des exemples exceptionnels de l’École d’aquarellistes russes. Ces artistes ont laissé des portraits, des vues d’intérieur et des paysages. L’aquarelle est un genre très prisé à l’époque. La virtuosité de Sokolov, de Brioullov, de Silvestr Chtchédrine connu pour ses paysages baignés de ce qu’on appelle la lumière argentée du nord étonne le visiteur. Les détails y sont toujours très précis y compris dans les profondeurs.

Anton I. Ivanov, <i>La traversée du Dniepr par Nikolaï Gogol</i> – 1845
Anton I. Ivanov, La traversée du Dniepr par Nikolaï Gogol – 1845
© Galerie Tretiakov, Moscou

L’huile sur toile d’Anton Ivanovitch Ivanov, La Traversée du Dniepr par Nikolaï Gogol, peinte en 1845 est une de pièces phare de l’exposition. Le tableau fut acheté par Pavel M.Tretiakov, marchand et industriel (1832-1898), fondateur du musée moscovite qui porte son nom, à G.G.Goubine, qui avait écrit que l’un des trois personnages sur la barque, était l’écrivain Gogol. Nul ne le sait vraiment. Le peintre n’est jamais allé sur le Dniepr et nous ne savons rien des relations entre le peintre et l’écrivain. Le tableau frappe l’œil par son étrange atmosphère, paisible à l’excès, irréelle. Un bain solaire crépusculaire semble endormir les eaux du fleuve. Les personnages s’immobilisent, à l’écoute de la beauté du lieux, et de l’un des leurs, que le peintre a représenté de dos et dont la parole échappe au spectateur.

Fedor A. Moller, <i>Nikolaï Gogol</i>, écrivain (1809-1852) – ca.1840
Fedor A. Moller, Nikolaï Gogol, écrivain (1809-1852) – ca.1840
© Galerie Tretiakov, Moscou

Les portraits ont souvent une profondeur psychologique et les personnages sont représentés dans des attitudes naturelles.

Le terme de "romantisme" est apparu dans la presse russe dans les années 1810 et était étroitement associé au patriotisme. Cette sensibilité artistique participe presque à un élan social, à une aspiration commune des Russes de cette époque pour une société harmonieuse. Ces artistes romantiques russes cherchaient à peindre les émotions, à saisir l’homme dans des moments exceptionnels. Oreste Kiprenski ( 1782-1836) fut le premier peintre romantique russe. On considère qu’avec son portrait de Pouchkine, le peintre a atteint le sommet de son art. Après les années 1830 et 1840, le romantisme russe en peinture s’est concentré davantage sur le genre historique. Dans ce tableau, représentant Gogol, le peintre F. A. Moller a saisi l’écrivain au faîte de sa puissance créatrice. Gogol lui-même tenait ce portrait « comme le seul qui lui fût ressemblant. »





Pour en savoir plus

Dominique Fernandez, de l'Académie française, Canal Académie, le 17 novembre 2010
Dominique Fernandez, de l’Académie française, Canal Académie, le 17 novembre 2010
© Canal Académie

- Musée de la vie romantique : accès, horaires, actualités
- Dominique Fernandez, de l’Académie française

- Retrouver Dominique Fernandez sur Canal Académie, à propos de son livre, Russies, publiée en 2010 :
-  Dominique Fernandez, de l’Académie française : Russies

La Russie romantique à l’époque de Pouchkine et Gogol : Chefs-d’oeuvre de la galerie nationale Tretiakov , Moscou Daniel Marchesseau (Auteur), Collectif (Auteur), 2010




Les auteurs de cet ouvrage collectif (présentation de l’éditeur)

A Paris. Dominique Fernandez, de l’Académie française, a publié de très nombreux textes sur la Russie, dont La magie blanche de Saint-Pétersbourg (1994) ; Saint-Pétersbourg (1996) ; Dictionnaire amoureux de la Russie (2004) ; Place Rouge (2008) ; L’Ame russe (2009) et Avec Tolstoi (2010). Emmanuel Ducamp, spécialiste de l’architecture et des arts décoratifs russes,, a publié Portraits russes à l’aquarelle, 1825-1855 (1994) ; Vues du Palais d’hiver, Saint-Pétersbourg (1995) ; Grandes collections de la Russie impériale (2004) ; Palais d’été des tsars (2007) et Tsarkoié Sélo (2010). A Moscou, galerie nationale Tretiakov. Lidia Iovleva, directrice adjointe de la galerie, a publié à de nombreuses reprises sur l’art russe. Loudmila Markina, directrice du département des peintures, a écrit divers articles et publié certaines monographies : Christoph Wilhelm Groote, portraitiste et les paysagistes allemands en Russie au XVIIIe s (1999) ; Fedor Moller, peintre (2002) avant Fedor Rokotov, portraitiste ; Dimitri Levitski, portraitiste et Vladimir Borovikovski représenté dans cet ouvrage. Anna Antonova, directrice adjointe du cabinet des arts graphiques, a contribué au catalogue Kassel Russische Malerei der Biedermeierzeit (1999) et publié des articles sur Oreste Kiprenski, Fedor Tolstoi et Aleksander Orlowski figurant dans ce volume. Irina Krasnikova, directrice du département des sculptures, a publié Le Bronze d’art russe au XIXe s, une collection privée (2008).






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