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Reconnaissance internationale pour Monet au Grand Palais à Paris

avec Sylvie Patin, Correspondant de l’Institut et Conservateur général au Musée d’Orsay
Claude Monet est mis à l’honneur au Grand Palais à Paris, du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011. Sylvie Patin, conservateur général du musée d’Orsay et Correspondant de l’Académie des beaux-arts, raconte les coulisses d’une exposition qui accueille pour la première fois des œuvres rares du monde entier... et attend plus d’un million de visiteurs !


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Référence : CARR731
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Date de mise en ligne : 26 septembre 2010
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Consécration ultime pour Claude Monet, peintre français le plus connu de tous les impressionnistes dans le monde, avec une exposition-rétrospective que lui consacre le Grand Palais du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011. Notre invitée, Sylvie Patin, fait partie des cinq commissaires de l’exposition. Correspondant de l’Académie des beaux-arts, elle est conservateur général au musée d’Orsay et auteur de livres sur Claude Monet.

L’exposition au Grand Palais

Dans cette émission, Sylvie Patin nous explique que l’idée de l’exposition est de montrer l’ensemble du parcours de Monet depuis ses œuvres de jeunesse en Normandie jusqu’à l’ultime message des nymphéas. Le public peut y admirer les thèmes chers au peintre : natures mortes, figures, paysages, Venise... C’est un nouveau regard sur le peintre des séries. A travers un regroupement des tableaux par thématique et chronologie, l’exposition suit le parcours du peintre, du début des années 1860 jusqu’aux derniers tableaux du cycle des nymphéas, qui sont suspendus sur les murs du musée de l’Orangerie à Paris. Parmi ses oeuvres les plus connues, Petit Déjeuner sur Herbe, Impression Soleil levant, la série de la Cathédrale de Rouen ou encore Femmes au jardin, mais aussi des créations inédites. Au total, 175 peintures, dont certaines n’ont jamais été vues : un travail titanesque ! Les toiles proviennent des musées et des collections du monde entier et se font le porte-parole de la synthèse des regards qui ont été portés ces trente dernières années sur Monet. NDLR : La dernière exposition sur Monet au Grand Palais remonte à 1980.

Les nymphéas
Les nymphéas

Pour Sylvie Patin, il ne fait aucun doute que Monet réalise des chefs d’œuvres dès sa jeunesse.

- « Ce peintre est très brillant, il a tout de suite su manier le pinceau et les premières oeuvres sont des chefs d’oeuvres. »« Monet est littéralement débordé par son œuvre. Nous sommes dans l’art du XXe siècle. La grande tendance de l’époque était que le peintre soit entouré par son art. Comme le disait Kandinsky : il faut être au centre de l’oeuvre et environné par la peinture. » « Pourquoi les nymphéas deviennent de grands sujets de la peinture avec lui et tombent à plat avec tous les autres peintres ? C’est le génie de Monet ».

Pourquoi Monet plait-il autant aujourd’hui ? A en croire Sylvie Patin, Monet suscite de plus en plus d’engouement en France et dans le monde. « Peut-être », explique-t-elle, « sa sensibilité se rapproche-t-elle plus de notre époque : nous sommes mûrs pour aller l’admirer... » L’impressionnisme était en perte de vitesse dans années 1890. Le XXe le réhabilite et le XXIe le redécouvre.

Monet : génie des temps modernes

La passion de Sylvie Patin pour Monet remonte à loin puisque très jeune, piquée par le brio du peintre, elle suit son œuvre quand elle est mentionnée dans les journaux et se déplace même à New York. A l’occasion de sa venue au studio de Canal Académie nous lui demandons de nous commenter son tableau préféré qui n’est autre que Terrasse à Saint Adresse.

Terrasse à Saint Adresse, 1867, par Claude Monet qui a alors 27 ans.
Terrasse à Saint Adresse, 1867, par Claude Monet qui a alors 27 ans.

Il a été le plus difficile à obtenir pour l’exposition au Grand Palais. Il est conservé au Metropolitan Museum de New York. Cette œuvre qui voyage très rarement a été acquise par le musée en 1967. « C’est un symbole : un chef d’oeuvre de jeunesse car Monet n’avait que 27 ans... ». « La date de 1967 correspond à une date clé. J’étais au collège et j’avais suivi l’affaire de cette acquisition qui avait fait grand bruit à l’époque car il partait outre atlantique. En 1971, lors de ma première visite à New York, je suis allée directement voir le Metropolitan. J’ai traversé les salles car je n’avais rendez-vous qu’avec ce seul tableau. »

Ce tableau figure d’ailleurs en couverture de la réédition du livre de Sylvie Patin Monet : un oeil... mais quel oeil ! (Découvertes Gallimard de 1991).

Dans cette scène estivale, nous redécouvrons les thèmes familiers du peintre. En juin 1867, Monet est au Havre, à Saint Adresse, dans sa famille. Bien que né à Paris, le peintre est parti avec sa famille en 1845 en Normandie. Il écrit à son ami Bazille : « je suis au sein de la famille, aussi heureux, aussi bien que possible. Je me suis taillé beaucoup de besogne. J’ai une vingtaine de toiles en train, des marines étourdissantes, des figures, et des jardins et de tout enfin. »

- Sylvie Patin raconte : « il s’était fixé un programme pour tout l’été. A ce moment là, la période est très curieuse pour lui : il a laissé à Paris Camille (le jeune modèle du Déjeuner sur l’herbe) qui est enceinte et qui deviendra sa première épouse 3 ans plus tard. Le père de Monet n’admet pas trop sa liaison ni sa vocation de peintre. »

- Ce tableau est une démonstration spectaculaire du talent de Monet car il rassemble les trois thèmes chers du peintre : les marines, les figures et les jardins. « Nous pouvons apercevoir le père de Monet à droite, assis sur un fauteuil. [...] Nous reconnaissons le peintre des jardins avec les fleurs, les glaïeuls, les capucines, certaines se détachants sur la mer. Cette image traduit le bonheur qu’avait Monet à montrer une sorte de rideau de scène de théâtre. Comme un moment suspendu. Un instant de bonheur figé si cher aux impressionnistes. Enfin, un savant jeu d’ombres et de lumières. »

Extrait d’une lettre écrite par Monet en 1864 et publié par Daniel Wildenstein, le grand historien de Monet et membre de l’Institut :

- « Je découvre tous les jours des choses toujours plus belles. C’est à en devenir fou tellement j’ai envie de tout faire, de tout écrire. Je veux tout luter, gratter, recommencer. Il me semble quand je vois la nature que je vais tout faire, tout écrire. Je me propose des choses épatantes, c’est effroyable ce que je vois dans ma tête. » NDLR : Daniel Wildenstein, membre de l’Académie des beaux-arts est le premier à s’intéresser à Monet. Il est l’auteur du catalogue raisonné paru de 1974 à 1991.

Le déjeuner sur l’herbe
Le déjeuner sur l’herbe

Le Grand Palais nous invite à une contemplation et à une expérience d’immersion sensorielle tandis que Sylvie Patin nous révèle tout ce que Monet était capable d’exécuter très jeune. L’engouement ressenti ne date pas tout à fait d’aujourd’hui. Zola, déjà, le voyait comme un chef de file et disait qu’il devait se détacher du groupe des impressionnistes. Avec l’ouverture de la maison du peintre à Giverny en 1980 l’éclatement fut total.

En savoir plus :

- Au Grand Palais

Galeries nationales du Grand Palais, square Jean-Perrin, Paris 8e. Tél. : 01-44-13-17-17. Jusqu’au 24 janvier 2011, de 10 heures à 22 heures ; mardi jusqu’à 14 heures. Pendant les vacances (du 23 octobre au 7 novembre et du 18 décembre au 2 janvier), de 9 heures à 23 heures, 12 €. Afin d’éviter trop d’attente, il sera prudent d’acheter son billet à l’avance, sur le site de la Réunion des musées nationaux (Rmn.fr) - qui renvoie à son site exclusivement consacré à l’exposition : http://www.monet2010.com.

- Autres expositions

Un billet jumelé (18 €) permet de se rendre au Musée de l’Orangerie, pour y voir ou y revoir les Nymphéas. Jardin des Tuileries, Paris 1er. Tél. : 01-44-77-80-07. Du mercredi au lundi, de 9 heures à 18 heures.

A partir du 7 octobre, le Musée Marmottan-Monet présentera l’ensemble de sa collection Claude Monet. "Claude Monet : son musée", 2, rue Louis-Boilly, Paris 16e. Tél. : 01-44-96-50-33. Du mardi au dimanche, de 11 heures à 18 heures, le mardi jusqu’à 21 heures. Entrée : 9 €. Jusqu’au 20 février 2011.

- Parmi les rééditions de documents et souvenirs contemporains de l’artiste, l’un des plus instructifs et émouvants est Georges Clemenceau à son ami Claude Monet, correspondance de 153 lettres (RMN, 198 p., 48 ill., 30 €). A lire aussi, les essais écrits entre 1909 et 1927 par le critique Louis Gillet (Trois variations sur Claude Monet, Klincksieck, 110 p., 13 €) et le récit de Walter Pach, Une visite à Claude Monet. Giverny, novembre 1907 (L’Echoppe, 24 p., 4,20 €). Dans le genre de la fiction historique, Pierre Wat imagine la rencontre du peintre âgé et d’un jeune journaliste (Les Nymphéas, la nuit, Nouvelles éditions Scala, 160 p., 20 ill., 18 €).

- Nos émissions sur Monet et sa demeure à Giverny :

- Point de vue : Jacques Taddéi, de l’Académie des beaux-arts, la rentrée 2010 sous l’oeil de Monet !
- Claude Monet à Giverny, la demeure d’un impressionniste de génie
- Visite au musée Marmottan Monet
-  Monet, l’oeil impressionniste, introduction à l’exposition par Jacques Taddei
- Les estampes japonaises de la collection Claude Monet

- Sans oublier Clemenceau, de l’Académie française, grand ami de Monet :

- La demeure de Clemenceau
- Georges Clemenceau : souvenirs de famille






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