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Hartung et Kooning : l’œuvre ultime en peinture contemporaine

Par Odile Burluraux, Joël Ankri et Pierre Wat
Classique ou contemporaine, l’œuvre ultime dans l’art est imprégnée des derniers instants de l’artiste. Odile Burluraux présente les dernières toiles de Hans Hartung (1904-1989) de l’Académie des beaux-arts. Pierre Wat et Joël Ankri nous donnent à comprendre les difficultés grandissantes du peintre Wilem de Kooning jusqu’à sa dernière toile. La "dernière œuvre" était l’objet de la journée du livre de l’Académie nationale de médecine 2010, dont Canal Académie retransmet les meilleurs moments.


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Depuis quelques années, « L’œuvre ultime » inspire les commissaires d’exposition. C’est le cas notamment d’Odile Burluraux qui a mené à bien l’exposition Deadline et qui s’est intéressée à cette occasion aux dernières peintures de l’académicien Hans Hartung.

Né à Leipzig en 1904, Hans Hartung arrive en France dès 1935 fuyant la montée du nazisme. Après la guerre à Paris, il est considéré comme l’un des pionniers de la peinture gestuelle et une figure majeure de l’Abstraction lyrique.
Au cours des trois dernières années de sa vie et malgré une santé déficiente, Hans Hartung produit dans l’atelier d’Antibes quelques 650 toiles, aux grands formats, aux couleurs vives, d’une grande liberté. En 1977, Hans Hartung entre à l’Académie des beaux-arts.
En décembre 1986, Hartung est victime d’un accident cardiovasculaire. Il en réchappe mais sa mobilité est encore réduite. Il se déplace désormais en fauteuil roulant. Grâce à ses assistants, il met au point une technique de projection de la peinture à partir d’une sulfateuse à vigne qui lui permet de peindre sur des formats toujours importants. En 1989, année de sa mort, la phase de liberté et d’audace exceptionnelle dans laquelle cet octogénaire est entré peut se mesurer au regard de la production de la journée du 4 juin, énergie encore présente dans sa toute dernière œuvre peinte le 16 novembre. Elle aussi plus petite que les autres et plus sombre.

T1989-R10, 1989 Acrylique sur toile
T1989-R10, 1989 Acrylique sur toile
© ADAGP, Paris 2009 © Fondation Hans Hartung et Anne Eva Bergman, Antibes

Ecoutez la communication d’Odile Burluraux, historienne de l’art, commissaire de l’exposition Deadline qui s’est déroulée au Musée d’art moderne de la ville de Paris d’octobre 2009 à janvier 2010.

Fondation Hartung Bergman :« Avec des pulvérisateurs dont les buses permettent des projections différentes en intensité, Hartung parvient à concevoir une série ultime où le délié libre du graphisme des encres de 1927 trouve son amplitude dans cet ensemble de toiles où la rapidité d’exécution est poussée à sa limite. Le rapport entre graphisme noir et plages colorées est ici entièrement renouvelé dans sa conception, puisque se déploient ensemble graphismes noir et coloré dans un espace "all over" ».

Peindre malgré les troubles cognitifs

Autre artiste contemporain dont les dernières œuvres méritent de s’intéresser au sort de l’artiste : Wilem de Kooning. Pierre Wat est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université de Provence, Aix-Marseille I. Dans sa communication l’historien remonte le temps en nous donnant à voir les dernières œuvres de Kooning pour les comparer avec les premières de son répertoire. « On observe dans les dernières œuvres de Wilem de Kooning les premiers signes de la maladie. Ceci est visible par la domination du vide, la blancheur, les formes qui sont plus dessinées que peintes. La toile dont le sous-titre est “1984” semble être l’ultime trace » remarque l’historien.

Willem de Kooning sans titre, 1984
Willem de Kooning sans titre, 1984
195.5 x 223.5 cm

Pour Joël Ankri, professeur de santé publique et de gériatrie, « en vieillissant, les artistes deviennent souvent plus simples ».
Wilem de Kooning est touché par des troubles cognitifs, des états de confusion. Pour lutter contre l’insomnie, il se met à boire. « Sa femme qui l’avait pourtant quitté vingt ans auparavant, revient contre toute attente pour s’occuper de lui. Elle lui redonne un équilibre, organise son travail » précise-t-il.

Kooning se remet alors à peindre, malgré l’altération de ses fonctions. Il invente de nouveaux croquis de nouvelles formes. Sa productivité est importante : il peint pas moins de 340 toiles en 10 ans.

Ecoutez les interventions croisées de l’historien de l’art Pierre Wat et du médecin Joël Ankri, sur les dernières années de Wilem de Kooning.

L’ensemble de ces interventions se déroulait dans le cadre de la journée du livre 2010 de l’Académie nationale de médecine.

En savoir plus :

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- Fondation Hartung-Bergman
- Exposition Hans Hartung. Estampes, à la BnF du 12 octobre 2010 au 16 janvier 2011
- L’exposition Deadline est terminée, mais le site internet est toujours là ! Cliquez ici






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