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La France est-elle condamnée au sous-emploi ?

La chronique économique de Philippe Jurgensen

C’est le mal français : la sous-utilisation de notre capacité de travail. Tel est le thème de cette chronique de l’économiste Philippe Jurgensen qui montre que l’amélioration toute récente des chiffres de l’emploi en France, où le nombre de chômeurs a reculé au cours des deux derniers mois (été2010), ne doit pas dissimuler l’ampleur de ce qui constitue hélas, en dehors même des suites de la crise économique récente, ce mal français.


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Voyons d’abord les chiffres globaux. L’INSEE et l’Organisation internationale du travail (OIT) classent les chômeurs en plusieurs catégories : chômeurs totaux, ou différentes catégories de chômeurs partiels. La catégorie A (chômage total) rassemblait fin juillet 2010, 2.676.600 demandeurs d’emploi ; ce chiffre a progressé de 5,4% en un an, malgré le début de sortie de crise. Certes, on n’a compté au 1er semestre de 2010 que 31.500 chômeurs supplémentaires , contre trois cent mille au 1er semestre 2009 ; mais, à ce niveau, près de 10% de la population active totale reste sans emploi. Les prévisions officielles ne font prudemment état que d’une stabilisation du chômage d’ici la fin de cette année, en espérant une vraie baisse en 2011… si du moins la reprise est au rendez-vous…

Lorsqu’on inclut les chômeurs partiels des catégories « B » et « C » - qui travaillent par exemple à mi-temps mais souhaiteraient allonger leurs horaires -, le nombre de demandeurs d’emploi approche quatre millions (soit près de 14% de la population active) ; il continue à progresser légèrement.
C’est un drame économique, car cela représente la perte d’autant de capacités de production, mais surtout un drame humain. La démoralisation et la destruction des structures sociales qui s’ensuivent s’aggravent au fil du temps, avec l’accroissement de la proportion de chômeurs de longue durée, dont la réinsertion est d’autant plus difficile qu’ils sont restés longtemps éloignés du marché du travail : on comptait, en juillet 2010, 1.436.000 personnes en recherche d’emploi depuis plus d’un an ; ce chiffre impressionnant est en hausse de 27% en un an . Et les recrutements, lorsqu'ils ont lieu, se font dans 80% des cas en CDD, même si ces contrats temporaires ne « pèsent » encore que 10% de l'emploi total ; de plus l'intérim prend une place croissante dans les embauches.
On nous répondra que ce phénomène est classique en début de reprise e que d’autres pays font pire, en particulier l’Espagne, où le chômage a dépassé la barre des 20%. Mais ce cas mis à part, nos grands concurrents font mieux que nous : l’Allemagne et l’Italie ne comptent que 7,6% de chômeurs totaux, la Grande-Bretagne 9%, les Etats-Unis 9,5%, mais le Japon 5% seulement.
Outre son niveau globalement élevé, le chômage en France présente deux particularités(...)


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