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Marie de Gournay, femme de lettres et amie de Montaigne

Axel Maugey reçoit l’universitaire Elyane Dezon-Jones.

Montaigne ne serait rien sans Marie de Gournay. Cette femme de lettres publia en 1595 la troisième édition des Essais... un texte qui figure encore aujourd’hui dans la Bibliothèque de la Pléiade. Elyane Dezon-Jones, auteur de Marie de Gournay : fragments d’un discours féminin nous parle de la longévité d’une femme hors du commun.


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Marie de Gournay est longtemps restée à l’ombre de son père d’alliance, Michel de Montaigne, dont elle a édité Les Essais avec une rigueur et une persévérance exemplaire, à tel point que la nouvelle édition dans la Bibliothèque de la Pléiade est basée sur le texte qu’elle avait établi en 1595. Mais elle a aussi une œuvre à elle qui comprend un roman Le Promenoir de Monsieur de Montaigne, publié en 1594, des traités sur l’éducation comme Bienvenue à Monseigneur le Duc d’Anjou, des traductions du latin, en particulier de l’Énéide qu’elle présente ainsi à Louis XIII : « Quelle témérité, Sire, une quenouille attaque une crosse et la crosse illustre d’un Bertaut ».

Elle a aussi composé de nombreux traités de linguistique et de poésie et défendu Ronsard contre Malherbe. Mais elle est surtout remarquable par ses prises de position sur la question des femmes et son De l’égalité des hommes et des femmes, qui sera inclus dans son recueil de 1626 intitulé L’ombre de la Demoiselle de Gournay, précède de plusieurs décennies celui de Poulain de la Barre. De même, son Grief des Dames est un plaidoyer en faveur de la parole féminine et commence ainsi : « Bienheureux es-tu lecteur si tu n’es point de ce sexe qu’on interdit de tous les biens, le privant de la liberté ».

Ses fragments biographiques : Copie de la vie de la Demoiselle de Gournay, Peinture de mœurs, et Apologie pour celle qui écrit, nous renseignent sur les attaques dont elle fut l’objet à cause de sa défense des pères jésuites après l’assassinat d’Henri IV, de la restauration d’un poème de Ronsard et de son parti pris en faveur des Anciens contre les Modernes. Elle fut traitée de vieille folle, de pédante et fut victime de diverses formes de sexisme. Et pourtant, si l’on en croit Michel de Marolles : «(...)


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