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Le compositeur Jean-Louis Florentz, aventurier du monde et de l’orgue

Regards sur l’académicien des beaux-arts avec Marie-Louise Langlais et Gilles Cantagrel

Jean-Louis Florentz (1947-2004) compte aujourd’hui beaucoup d’admirateurs de sa musique d’inspiration orientale et africaine, aux polyrythmies incantatoires, aux sonorités soudanaises ou éthiopiennes qui appellent au voyage. En son temps, le compositeur traversa la vie musicale en solitaire et en autodidacte. Voici un regard particulier sur celui qui fut élu à l’Académie des beaux-arts, en compagnie de Marie-Louise Langlais et de Gilles Cantagrel, correspondant de cette Académie, qui se penchent particulièrement sa musique pour orgue.


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Jean-Louis Florentz (né en 1947) a découvert l'orgue enfant, alors qu'il suit l'enseignement des pères maristes à Saint-Chamond, dans la Loire. Il n'a que onze ans, lorsqu'il entend L'apparition de l'église éternelle d'Olivier Messiaen et en est bouleversé. Sa rencontre avec l'organiste Louis Wolff, son écoute des litanies de Jehan Alain, des cinq pièces pour l'office divin de Jacques
Grunenwald, des oeuvres de Charles Tournemire, de Marcel Dupré, de
Jean Langlais, de Gaston Litaize, ou encore de Pierre Cochereau, forment son écoute à l'amour de l'orgue. Il est réceptif à la
tradition française de l'instrument, et nourrit une connaissance
étendue du répertoire.

Mais Jean-Louis Florentz est un autodidacte, dans une certaine mesure.
Il ne passe pas par la moulinette du Conservatoire, sauf en auditeur
libre dans les cours d'harmonie d'Olivier Messiaen au Conservatoire
national supérieur de musique de Paris, entre 1970 et 1972. Le
compositeur, dont la pédagogie et le sens de l'écoute était loué
par ses élèves (cf. [notre émission consacrée à Messiaen,
professeur->3145]), dit à Florentz : « Cher ami, partez, allez en Afrique, voyagez ». C'est ce qu'il fait. Le jeune compositeur a très envie de fuir le petit monde de la création musicale, marqué alors par le
diktat du sérialisme. Il raconte : « À l'époque, la musique
contemporaine était au pire de ce qu'elle pouvait être. Ce qui
comptait avant tout, c'était de trouver celui qui inventerait le
dernier bidule qui allait faire évoluer l'histoire. On envoyait voler
dès qu'il y avait un mouvement conjoint quelque part. C'est un univers
malsain pour moi.
»

Olivier Messiaen a l'intelligence de lui transmettre une seule donnée
fondamentale pour composer : la confiance en soi. « L'ethnomusicologie et les voyages d'études m'ont protégé », témoigne Jean-Louis Florentz. Son parcours s'est fait indépendamment des écoles musicales. Il s'est permis de ne pas rejeter en bloc le classicisme, et de se laisser pénétrer par les mélopées kenyanes et
éthiopiennes.

Quelques autres compositeurs de grande influence ont jalonné sa
formation. Il côtoie longtemps Antoine Duhamel, avant d'être admis à
la Villa Medicis pour l'année 1979. Duhamel lui(...)


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