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Patrick Modiano : son oeuvre couronnée du Grand prix mondial Simone et Cino del Duca 2010

Jean Roulet présente l’oeuvre de l’écrivain et son dernier roman paru L’Horizon

Le prix mondial de la Fondation Simone et Cino Del Duca 2010 vient d’être décerné à Patrick Modiano pour l’ensemble de son oeuvre. Cette prestigieuse récompense lui est remise le 9 juin sous la Coupole de l’Institut de France. Un couronnement de plus pour ce grand écrivain. Le titre de son dernier roman paru l’Horizon a de quoi surprendre : Patrick Modiano n’a-t-il pas trouvé son excellence dans le regard que chaque personnage de son œuvre porte sur son passé ? Dans un univers toujours aux prises avec les mêmes fantômes, l’Horizon perpétue ce regard tout en lui ménageant une échappée.


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L'univers de Modiano

Au fil de ses romans, Patrick Modiano arpente inlassablement un décor décoloré par le recul des années. Vieilles rues parfois changées de noms, magasins frappés de disparition, arrière-salles de cafés aujourd’hui condamnées, entrepôts où ne s’entrepose plus guère que de l’ombre. Chaque détail de ce décor urbain s’offre à superposer le présent à ce passé dont Modiano demeure la mémoire attentive. Il note les ratures du temps et nous en transmet l’émotion sans jamais l’exprimer lui-même, par bien trop de pudeur.

En plaçant la poésie au cœur de la ville, Patrick Modiano se situe dans le sillage des surréalistes. Même goût de l’étrangeté (« Tout est bizarre »). Même recherche d’une poétique urbaine, mais nul besoin pour cela de forcer l’imaginaire ou de s’évader dans le merveilleux. Tout au plus déranger nos repères par quelque métaphore comme dans son dernier roman, L’Horizon, avec cette « matière sombre » et ces « couloirs de temps ». Une façon de dépasser la difficulté de dire, d’aborder un monde « compliqué » tel que Modiano le perçoit. Tout n’est affaire que de regard et le sien bannit toute banalité, même de notre environnement le plus proche. « L’incertitude du présent » interfère avec le flou de la mémoire et nous plonge dans un climat dont il semble avoir inventé la couleur : « La grisaille et la monotonie de ces jours de pluie où l’on se demande s’il fait vraiment jour et si l’on ne traverse pas un monde intermédiaire, une sorte d’éclipse morne, qui se prolonge jusqu’à la fin de l’après-midi. »
Et comment rester insensible à un café du passé qui se voulait « Café de l’Avenir » ? ou à l’évocation de ce « lointain Auteuil, quartier charmant de mes grandes tristesses.(...)


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