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L’Essentiel avec... Lucien Israël, de l’Académie des sciences morales et politiques

Le célèbre cancérologue répond aux questions essentielles posées par Jacques Paugam

Lucien Israël, grand nom de la cancérologie et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, est autant un farouche adversaire du cancer qu’un fervent défenseur de la vie. Dans le cadre des questions « essentielles » de Jacques Paugam, il revient sur son parcours et ses combats, ceux d’un homme qui a toujours lutté pour l’homme.


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Dans votre itinéraire, votre carrière, quel a été à vos yeux le moment essentiel ?

Le moment essentiel est en fait arrivé très tôt pour Lucien Israël, qui raconte comment, à l’époque où il était sous les ordres du professeur Étienne Bernard au service de pneumologie de l’hôpital Laënnec, il a testé en secret puis imposé la pratique de la polythérapie dans le traitement des cancers, qui, jusqu’alors, faisait appel à des biostatisticiens pour déterminer quel médicament administrer.
« J’étais étourdi par le fait qu’en tuberculose, on donnait les trois médicaments à la fois et on guérissait les malades ; par conséquent j’ai pris la décision, sans demander à mon maître, d’administrer les trois médicaments en même temps au cancer du poumon ; et j’ai commencé à voir des réponses utiles. »

Anecdote : alors même qu’il savait l’efficacité des résultats, le jeune Lucien Israël assiste à une conférence d’une cancérologue réputée de l’institut du cancer de Villejuif, se lève et dit : « Madame, pourquoi ne pas donner les trois médicaments en même temps ? » Et elle de répondre devant l’assistance comble : « Jeune homme, vous avez l’esprit complètement gauchi ».

Il osa par la suite envoyer un article en anglais à une revue de cancérologie américaine et reçoit une demande de recrutement à l’ECOG, groupe qui rassemblait les chercheurs de la côte Est des Etats-Unis. « J’ai fait connaissance avec une série de cancérologues américains, et j’ai découvert, car auparavant je ne lisais pas la littérature cancérologique, que je n’étais pas du tout l’inventeur de la polythérapie et qu’ils l’avaient déjà fait eux-mêmes ! Nous avons fraternisé, échangé des données et je suis resté pendant des années membre de ce groupe. »

Autonome et indépendant, Israël n’hésitait pas parfois à transgresser les règles, quitte par exemple à traiter des patients en toute clandestinité à l’hôpital Avicenne. Sa directrice, qui le convoque un jour, lui fait les remontrances suivantes :
«(...)


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