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Souvenirs de la Rivière Kwai, les milliers de morts d’un projet pharaonique

Un billet de Thaïlande par Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut

La rivière Kwaï, au delà du roman et du film célèbres, existe vraiment et constitua un enjeu stratégique de la guerre du Pacifique à partir de mars 1942. Françoise Thibaut, qui est retournée sur place, rappelle ici les données historiques et les conséquences en pertes humaines de ce "grand projet" de pont, évoquant également le rôle joué par Lord Mountbatten.


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Nous connaissons tous la rivière Kwaï en raison du beau roman de Pierre Boulle Le pont de la rivière Kwai publié en 1952 chez Julliard, mais surtout par le film de David Lean en 1957 avec Alec Guiness et Sessue Hayakawa, qui reçut 7 Oscars et connut un succès mondial qui ne se dément pas, même un demi siècle plus tard.

La rivière Kwaï existe vraiment : elle se situe en Thaïlande (autrefois Siam), prend sa source au nord, près du Myanmar (autrefois Birmanie), crapahute dans la montagne pour dévaler dans la plaine de Bangpong, puis se jeter dans la mer de Chine méridionale, au sud de Bangkok .
Cette rivière assez ordinaire, grossie des pluies de mousson ou bien presque tarie pendant la saison sèche, constitua un enjeu stratégique pendant la guerre mondiale dans le Pacifique, sous l’occupation japonaise, à partir de Mars 1942.

Après l’acte déclencheur de Pearl Harbor en décembre 1941, les Japonais, déjà maîtres de la Chine du Sud, déferlèrent avec une incroyable rapidité sur la péninsule du Sud-Est asiatique ; le but était les réserves pétrolières de la colonie hollandaise, les richesses minières de la Malaisie, mais surtout l’Inde, fleuron de l’Empire britannique, à la fois symbolique et pactole économique. Dans la stratégie de l’état-major japonais c’était une sorte d’obsession. Singapour tomba, presque sans défense, le 15 février 1942, et, à partir de ce point hautement stratégique, tout fut facile : 200 000 soldats déferlèrent à la fois sur le sud de la Malaisie et sur l’archipel batave ; Java fut envahie le 1er mars, le contingent hollandais fait prisonnier, embarqué vers la sinistre prison singapourienne de Changi, transformée en camp de prisonniers, sorte de mouroir cruel, où s’entassèrent jusqu’à 7 000 hommes dans des conditions affreuses. De cette manière, militaires hollandais, Britanniques, Australiens, Néo-zélandais, Sud-africains, se retrouvèrent mêlés, formant une cohorte destinée à « aider l’effort de conquête ».

En effet, après un transit rapide à Changi, les prisonniers furent embarqués vers le nord, vers le Siam où « le grand projet » devait être exécuté dans les meilleurs délais : il s’agissait de construire, à travers la jungle et la montagne une ligne de chemin de fer Bangkok-Rangoon destinée à soutenir l’avancée du million de soldats lancé à l’assaut de l’Est(...)


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