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Affaires internationales : l’Europe dans la nasse financière, l’actualité de mai 2010

Thierry de Montbrial et François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques

Thierry de Montbrial et François d’Orcival se concentrent sur un événement majeur de mai 2010 : la crise violente de l’euro. Ils remontent aux sources et tentent d’expliquer un phénomène économique plus qu’inquiétant. Voici la 6ème émission d’Affaires internationales, animées par ces deux membres de l’Académie des sciences morales et politiques.


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Enregistré durant la tempête financière provoquée par la crise grecque, ce sixième entretien entre Thierry de Montbrial et François d’Orcival, tous deux membres de l’Académie des sciences morales et politiques, est naturellement consacré à l’explication de ces événements.

On se souvient que la crise financière, suivie par la récession, fut déclenchée le 15 septembre 2008, par la faillite de la banque Lehman Brothers. A l’époque, les autorités américaines avaient le choix : soutenir cette banque ou l’abandonner. Elles la laissèrent tomber, avec les conséquences que l’on sait. La crise de la finance privée s’est transformée en celle des finances publiques lorsque la Grèce s’est déclarée en défaut, incapable de rembourser les intérêts de ses emprunts. Cette fois les autorités européennes, entraînées par la France et l’Allemagne, se sont refusées à renouveler l’expérience Lehman et elles ont décidé de soutenir la Grèce et la zone euro.

Mais alors pourquoi une crise aussi violente que la précédente a-t-elle eu lieu, ramenant la valeur de l’euro à quatre années en arrière et faisant baisser les cours de Bourse de 15 % ? Tel est le cœur du débat.

Thierry de Montbrial insiste sur le fait que les pays membres de la zone euro sont passés très vite de l’euphorie au doute, mais que la source de tout réside dans le surendettement des Etats. L’euro, monnaie unique de seize membres de l’Union, reposait sur un pacte de stabilité lui-même fondé sur des critères de bon sens. Dès lors que les gouvernements ne les respectaient plus, la monnaie était en danger.
Mais s’ils ne les ont plus respectés, c’est qu’il y avait sans doute des raisons à cela… Seulement, dit Thierry de Montbrial, la crise grecque a révélé en premier lieu que la transparence n’existait pas vraiment à l’intérieur de la zone euro puisque la Grèce avait pu maquiller ses chiffres, et en second lieu qu’il n’y avait pas de mécanisme automatique ni d’alerte ni de coordination des politiques budgétaires. Les Etats membres n’y étaient donc pas préparés !

Cela dit, demande François d’Orcival, la multiplication des plans d’austérité comme réponse au surendettement ne va-t-elle pas geler le début de reprise qui se dessinait ? Il y aura nécessairement, explique Thierry de Montbrial, une phase(...)


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