Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Michel Fagadau : son admiration pour Jean Anouilh

Rencontre exclusive avec Michel Fagadau lors de la mise en scène de Colombe en 2010. Entretien avec Jacques Paugam

Au cours de cette rencontre datée du 1er avril 2010, Michel Fagadau (1930-2011), directeur de la Comédie des Champs-Élysées, évoque son travail sur la mise en scène de Colombe, de Jean Anouilh, son admiration et son attachement pour l’auteur. Michel Fagadau revient aussi sur son parcours de metteur en scène. Dans cette rencontre exclusive, il se livre au micro de Jacques Paugam.


Bookmark and Share

Colombe reprend son vol

C’est à la Comédie des Champs-Élysées qu’Anouilh a créé la plupart de ses grandes pièces ; et c’est avec une pièce d’Anouilh que Michel Fagadau a fait ses débuts à la tête de la Comédie. Cette année, centenaire du dramaturge, et quatorze ans après l’avoir dirigée une première fois, le metteur en scène recrée Colombe avec une distribution de prestige puisqu’Anny Duperey et Sara Giraudeau, mère et fille dans la vie, sont réunies sur les planches, une première, en compagnie de Rufus et de Grégori Baquet ; avec à la clé quatre nominations aux Molières 2010.

Milieu du XIXe siècle. Julien, jeune musicien et incurable idéaliste, part au service militaire et se voit contraint de confier la jeune fille qu’il aime, Colombe, à sa mère qu’il déteste, Madame Alexandra, grande comédienne sur le déclin. Au contact de cette dernière, Colombe va progressivement délaisser le carcan d’ingénue éthérée dans lequel veut la maintenir Julien, et découvrir l’univers féroce et drôle du théâtre – et avec lui la vie, les deux étant toujours liés chez Anouilh.

Les thèmes majeurs d'Anouilh

Pour Fagadau, Colombe, véritable comédie humaine, renferme tous les thèmes majeurs du théâtre d’Anouilh : l’impossibilité de l’amour-toujours, la recherche d’absolu, le refus de l’hypocrisie, c’est-à-dire, en somme, la confrontation de l’idéalisme (à travers celui presque tyrannique de Julien) et du réalisme (à travers le pragmatisme gouailleur de Madame Alexandra). Julien veut façonner une Colombe à l’image de son idéal, quitte à nier son identité ; un idéalisme qui insupporte sa mère, qui revendique au contraire une certaine médiocrité au nom du réalisme. Et tout au long de la pièce, dans un équilibre parfait, les discours purs s’effondrent systématiquement dès que l’action, l’argent et les rapports de force reviennent sur scène.

Aucune réplique gratuite !

Anouilh a, selon Fagadau, le « génie de la construction », aucune de ses répliques n’est gratuite. Il a surtout un sens inouï du théâtre et(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires