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Florence Delay, de l’Académie française : Mes cendriers

À rebours du discours public, l’académicienne s’entretient avec Jacques Paugam

Florence Delay, de l’Académie française, nous offre avec son dernier ouvrage, Mes cendriers, un autoportrait peu banal au travers des cendriers qui l’ont accompagnée au cours de sa vie. A contre-courant de l’antitabagisme, l’invitée de Jacques Paugam, persiste et signe !


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Une ode à la cigarette

« Pauvre tabac, rémanence du calumet indien de la paix sur lequel s’abattent, payant pour tout le reste comme l’âne des Animaux malades de la Peste, toutes les foudres de la science médicale, de la morale et de la loi », écrivait l’académicien Marc Fumaroli dans son dernier ouvrage, Paris-New York et retour.

À contre[ied de l’actuelle diabolisation du tabagisme, Florence Delay sait pertinemment tout ce qu’il y a d’incorrect à clamer le lien quasi-viscéral qui existe entre elle et la cigarette, elle qui s’est autoproclamée « la productrice des cendres » ; et elle s’amuse même des publicitaires s’acharnant à retirer cigarettes et pipes des lèvres nicotinées de Malraux, Sartre ou Jacques Tati sur les affiches de la capitale.

Discours rare par les temps qui courent, elle évoque inlassablement, passionnément, entre deux anecdotes sur Garcia Lorca ou sur Hemingway, la grâce des phalanges serrant une cigarette, tel un prolongement naturel de la main ; l’agressivité virile du cigare ; les mégots honnis, ces « horribles créatures » qui jonchent tous les trottoirs de Paris ; l’éveil de l’imagination à la vue des volutes de fumée ; le rituel main / briquet / flamme / fumée / cendre, véritable « résumé-express de notre vie ».

C’est que Florence Delay avoue être fumeuse « génétiquement », tant son amour de la cigarette est lié à l’amour parental et à l’amour de la littérature ; elle raconte que son père, l’académicien Jean Delay (de l'Académie française) était en son temps un grand fumeur de gitanes, à une époque où la cigarette était encore liée à un univers valorisant, au personnage du réfractaire.

Elle s’étonne que notre société soit passée d’un extrême à l’autre dans son approche du tabac, naguère encore considéré comme médicinal, mais note aussi avec malice que les récentes lois donnent paradoxalement aux fumeurs un plus grand plaisir à sortir une cigarette, en raréfiant l’acte(...)


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