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L’autorité en démocratie, par François Terré

Une communication prononcée à l’Académie des sciences morales et politiques
L’autorité semble en chute libre ! Le concept connaît un recul que le juriste François Terré, de l’Académie des sciences morales et politiques, a analysé devant ses confrères réunis en séance. Quelles nuances entre autorité et pouvoir ? Pourquoi ce recul de l’autorité et quels en sont les effets sur notre démocratie ? Finalement, qu’est-ce que l’autorité aujourd’hui dans notre société et qui la détient réellement ?


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Référence : ES577
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/es577.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida5645-L-autorite-en-democratie-par-Francois-Terre.html
Date de mise en ligne : 11 avril 2010

Poursuivant ses travaux de réflexion sur le thème de la démocratie, thème choisi pour l’année 2010 par le président Jean Mesnard, l’Académie des sciences morales et politiques réunie en séance, a écouté, le lundi 29 mars 2010, le juriste François Terré dans une communication intitulée « L’autorité en démocratie ». Canal Académie l’a enregistré pour vous, écoutez-le. (le texte ci-dessous n’est qu’un résumé). Pour connaître l’intégralité des propos de F. Terré, il convient de l’écouter ou de lire son texte sur le site de l’Académie http://www.asmp.fr/travaux/communications/2010_03_29_terre.htm

Il s’agit bien de l’autorité "dans" ou "en" démocratie et non de l’autorité "de" la démocratie ! Première précision donnée par François Terré qui ne reprend pas l’origine du mot démocratie mais souligne tout de même qu’entre celle du monde antique et celle du monde moderne, il y a sûrement de fortes différences, de même qu’entre la démocratie réelle et la théorique...

François Terré, de l'Académie des sciences morales et politiques
François Terré, de l’Académie des sciences morales et politiques

Ensuite, il élimine des acceptions de l’autorité : il ne parle pas des institutions, des commissions et autres "Hautes Autorités" (il n’y en a jamais de basses...).

Enfin, il rappelle les 4 types d’autorités définis par Alexandre Kojève (1902-1968), autorité qui tient à des personnages :
- l’autorité du père (parents, gens âgés, défunts par testament, ...)
- l’autorité du maître (noble/vilain, militaire/civil, vainqueur/vaincu, ...)
- l’autorité du chef (leader, duce, furher...)
- l’autorité du juge (arbitre, contrôleur, confesseur...)

François Terré préfère aborder le sujet en examinant trois périodes : l’essor du concept d’autorité, son recul, la nostalgie qu’on en garde.

1 - l’essor

Comme tout concept, l’autorité a un moment de naissance : à Rome. Mais F. Terré la distingue de auctoritas (qui vient non pas d’autoriser mais d’augere, augmenter) et de potestas.

L’autorité comme valeur : elle ne se confond ni avec le pouvoir ni avec la persuasion. Elle requiert toujours l’obéissance (mais sans violence ni persuasion) ou au moins la coopération.

2 - le recul

Puis le concept d’autorité a reculé. François Terré fait remarquer qu’on ne parle plus maintenant "d’autorité paternelle" mais "d’autorité parentale", ce qui, pour le juriste de la famille qu’il est, est loin d’être la même chose...

Pourquoi ce recul ? Il note deux causes (reprendant d’ailleurs les réflexions d’Hanna Arrendt) :
- le recul de la tradition, amoindrissement de la puissance du passé,
- le recul de la religion, mise en doute de la vérité religieuse.

Les effets de ce recul : ils sont nombreux dans de multiples domaines. Il n’est qu’à considérer l’essor des réflexions (thèses, études, livres) sur "la désobéissance civile" par exemple ("on n’a pas attendu José Bovet", dit F. Terré qui développe assez longuement ce concept de désobéissance dans les faits et dans la loi).

3 - Nostalgie

- nostalgie de l’autorité de la loi (septicisme),"mais il faut cesser de dire "il y a trop de lois", car on dit cela depuis la nuit des temps !". Ce qui est mauvais, ce n’est pas le pullulement des lois mais leur instabilité...
- Qu’est-ce qui fait autorité dans notre société aujourd’hui ? Les médias, ou du moins, la potentia de l’opinion...les sondages, les palmarès, les listes des premiers... etc. C’était déjà le cas à Rome : l’influence de l’opinion devient vite abusive. Mais l’influence n’est pas l’autorité, bien qu’il soit difficile de les distinguer.

Revenir à l’essentiel : l’éducation

En conclusion, François Terra a choisi de revenir à l’essentiel : l"’éducation où l’autorité repose sur une relation nécessairement inégalitaire. Or, nous vivons dans une démocratie où le modèle est égalitaire et libérale, a-t-il encore souligné, A un mauvais usage de la liberté s’ajoute un mauvais usage de l’égalité, disons plutôt un ravage de l’égalitarisme qui se recommande d’un esprit démocratique dévoyé...

Alors faut-il désespérer ?
- Non, continuons à espérer dans notre recherche de l’autorité perdue ! Et revenons à la philosophie antique : Un retour à la leçon de la philosophie antique porte à penser que l’éducation, alors au coeur de la pensée grecque, s’impose aujourd’hui, quand on s’interroge sur l’autorité en démocratie. La réflexion affecte tout le devenir de la pensée contemporaine...

Lire le texte de la communication de F. Terré sur le site de l’académie :

http://www.asmp.fr/travaux/communications/2010_03_29_terre.htm






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