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Les Cahiers de l’Herne, des monographies de référence

Entretien avec Laurence Tacou, directrice, par Jacques Paugam

Laurence Tacou présente la maison d’édition qu’elle dirige, les Editions de l’Herne, petite maison d’une grande exigence intellectuelle, dont la publication des Cahiers constitue un événement toujours très attendu. Plusieurs académiciens ont ainsi un Cahier de l’Herne à leur nom.


A l'origine, Georges Besse et Dominique de Roux, écrivain engagé, volontiers provocateur, personnage à part, auteur de plusieurs romans qui avait commencé à publier des pastiches.

Pour le premier "Cahier" en 1961, Dominique de Roux ne choisit pas la facilité puisqu'il le consacre à un auteur poète quasi inconnu René-Guy Cadou. Ce fut le début des Cahiers de l'Herne. Le deuxième fut consacré à Bernanos. Le lancement de ces Cahiers n'était pas simple. Mais le troisième, sur Céline, en 1963, en assura le succès. A cette date, Céline était "en enfer", écrivain maudit dont personne ne parlait. Il est paru deux ans après sa mort (1961).

Les Cahiers présentent désormais la très belle couverture blanche au service du fond : Beaucoup de témoignages de première main et peu de travaux universitaires. Des textes intelligents mais pas de critiques "de métier". L'Herne voulait se démarquer de la glose érudite. Cette tonalité différente en a fait quelque chose d'à part, jamais hagiographique. S'il fait peu de place aux critiques universitaires (qui n'y sont tout de même pas absents), chaque Cahier obtient un vif succès dans toutes les universités du monde car tous les textes sont de très bon niveau.

Les années Constantin Tacou

Au début des années 70, Dominique de Roux passe la main à Constantin Tacou, le père de notre invitée. "Mon père, roumain, a toujours été intéressé par la littérature française, nourri par toutes les revues qui paraissaient, et c'est naturellement qu'il est entré dans l'Herne".

Chaque directeur imprime en effet sa marque particulière : lui, il fait place à des écrivains des pays de l'Est. "Avec mon père, il est entré des auteurs allemands et des écrivains peu connus (Musil, Meyrink), la littérature fantastique (Ray, Lovecraft) la philosophie (Levinas, Nietzsche, Schopenhauer).

Le Cahier Levinas par exemple, paru en 91, a fait connaitre ce philosophe inconnu, preuve que l'Herne n'a jamais existé pour célébrer des gens connus. "Quand un Cahier sort, il donne une consécration à un auteur" constate notre invitée.

Les choix de Laurence Tacou

En 2001, après trente ans de direction de Constantin Tacou, c'est elle, Laurence, qui prend en mains la maison d'éditions, après avoir été grand reporter et s'être passionnée pour les écrivains sud-américains (Borgès, Octavio Paz, Juan Rulfo, Vargas Lhosa... ).

A l'Herne, rue de(...)


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