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HIST599
L’oeuvre d’un moderniste sur la France du Grand Siècle : Lucien Bély
Entretien avec l’historien par Christophe Dickès
Lucien Bély revient sur son parcours et son itinéraire intellectuels, sa conception de l’Histoire et son amour du Grand siècle. Il présente aussi, au cours de cette émission, son dernier ouvrage : La France au XVIIe siècle, Puissance de l’État, contrôle de la société.
Dans l'historiographie, pendant de longues années, l'étude des faits et des hommes politiques a été dissociée de celle des sociétés. Avec La France au XVIIe siècle, Puissance de l'État, contrôle de la société, l'historien moderniste Lucien Bély offre à ses lecteurs une histoire à la fois de la France et des Français: « Ce livre parle des rois et des ministres, mais veut aussi montrer ce qu'ont été et ce qu'ont fait les plus humbles ». Il existe, explique-t-il, « une cohérence du système monarchique qui s'appuie sur la noblesse et le clergé pour encadrer les populations. »
Est-ce pour autant qu'il faut parler d'absolutisme? Bély écarte le terme inventé par les historiens parce qu'il déforme notre vision du passé. Certes, une pratique autoritaire se développe, mais elle est acceptée par des Français qui, dans le sillage des Guerres de religion ou de crises comme la Fronde, aspirent à cette forme de pouvoir.
Surtout émerge un sentiment : celui de « l'intérêt public, collectif, qu'exprime le souverain et qui l'emporte sur tous les intérêts particuliers, même sur ceux des plus grands seigneurs : une forme d'égalité s'établit de tous les sujets face au monarque. » La force de cette France du Grand siècle, paradoxalement, peut apparaître comme une faiblesse ou à tout le moins comme un repli sur soi, « alors que l'Europe part à la conquête du monde ». Mais n'est ce pas là qu'une impression comme le révèle cette Guerre d'Espagne qui sert les intérêts français en Amérique?
L'auteur
Ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1974), il obtient l'agrégation d'histoire en 1977. À sa sortie de l'ENS, il devient pensionnaire de la Fondation Thiers. En 1987, il obtient son doctorat ès lettres sur le sujet Diplomates et diplomatie autour de la paix d'Utrecht (1713), sous la direction de Daniel Roche. Il enseigne d'abord dans le secondaire avant de devenir professeur d'histoire moderne à l'Université de Lille III, puis à Paris XII. En 1997, il est élu professeur des Universités à l'Université de Paris IV, poste qu'il occupe toujours actuellement. Il appartient également au(...)
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