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L’Essentiel avec... Ismaïl Kadaré, membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques

Entretien avec Jacques Paugam

Albanais traduit dans plus de 40 pays, Ismaïl Kadaré représente la conscience d’un peuple opprimé par le stalinisme. Membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, il répond ici à sept questions qui lui permettent d’aborder ce qui, pour lui, est essentiel : l’histoire de son pays, le totalitarisme et surtout la littérature.


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Le peuple albanais avait déjà souffert de l’oppression ottomane, puis de l'oppresssion fasciste. Ismaïl Kadaré, très tôt, dans son pays, a dénoncé l'oppression communiste. Il vient de publier un roman Le dîner de trop, extravagante et terrifiante machination communiste à partir d’un soi-disant complot juif planétaire visant à décapiter les pays socialistes. Un roman sur la folie des régimes totalitaires qui fait froid dans le dos…

Elu membre associé étranger à l’ASMP en 1996, succédant à Karl Popper, il a été « installé » le 28 octobre 1996. Comme tous les invités de la série "l'Essentiel" animée par Jacques Paugam, il a bien voulu répondre à sept questions essentielles...

1 – Dans votre itinéraire professionnelle, dans votre carrière, quel fut à vos yeux, le moment essentiel ?

- Dans mon pays où sévissait le stalinisme, l'un des plus durs du monde, le moment clé pour moi fut quand j’ai compris que, pour la littérature, je ne serai jamais perverti par ce régime. En 1970, j’avais 34 ans, mon premier roman Général de l’armée morte venait d'être publié en France (en Albanie en 1963) et rapidement, dans toute l’Europe. Un jour, j’ai compris que ce que je faisais était bien pour nous les Albanais mais aussi pour le monde libre. J’ai vu mon avenir : quand le communisme tombera, mes livres vivront encore. J’étais à la fois connu et donc protégé, mais d’un autre côté, pour la dictature albanaise, j’étais un être bizarre, soupçonné, douteux. Comment un écrivain qui aurait dû être communiste pouvait-il être aimé là-bas ? L’Albanie, il faut s’en souvenir, n’avait même pas de relations diplomatiques avec les pays occidentaux, sauf quelques rares exceptions.

Ismaïl Kadaré écrit : « Nul n’ignore que sous un régime tyrannique un grand écrivain est comme un arbre : marqué pour être abattu ». Et il explique comment la géographie a, de tous temps, été un allié pour le peuple albanais, en rappelant les grandes lignes de l’histoire de son pays.(...)


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