Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Nostradamus : des centuries prophétiques au traité des confitures

La chronique « Histoire et gastronomie » de Jean Vitaux

Quand on évoque Nostradamus, on pense plus au mystérieux astrologue prophétique qu’à l’amateur de confitures. L’un n’empêche pas l’autre, nous révèle le docteur Jean Vitaux, gastronome attitré de Canal Académie, qui en profite pour nous retracer ici la douce histoire des sucreries.


Bookmark and Share

Nostradamus, de son vrai nom Michel de Nostredame, est de nos jours surtout connu pour ses célèbres prophéties, déclinées en quatrains ou « centuries », que l'on réédite régulièrement et que l'on réinterprète en les mettant au goût du jour. La plus célèbre de ces centuries est sans conteste celle qui a prédit la mort du roi Henri II, blessé à l'œil et au cerveau par la lance de Montgomery en 1559 lors d'une joute au cours d'un tournoi, à Paris, et qui en mourra malgré les soins d'Ambroise Paré.
Ce médecin, qui avait latinisé son nom dans le goût du temps (Nostra-Damus), comme le célèbre médecin allemand Paracelse, mélangeait les genres, de l'astrologie, alors encore considérée comme une science, à la médecine, et à la gastronomie, puisqu'on lui doit en 1555 un des premiers livres imprimés en français sur les confitures.

Il peut paraître étrange qu'il ait fallu attendre le XVIe siècle pour que l'on écrive sur les confitures : c'est que le sucre était un produit nouveau et cher qui ne commença à se répandre qu'à la Renaissance. Le sucre ancien était issu de la canne à sucre originaire de la Nouvelle-Guinée. Il se répandit avant notre ère en Inde, où il fut découvert par les soldats d'Alexandre le Grand dans la vallée de l'Indus en 326 avant notre ère, qui parlèrent « du roseau qui donne le miel sans le secours des abeilles ». Pline nous dit que Néron goûta « un sel indien semblable au sel ordinaire comme forme et couleur, à la saveur du miel ». Il fut utilisé par le médecin Galien comme un médicament, ce qu'il resta pendant tout le moyen âge.
Raffiné par les Sassanides, puis implanté par les arabes en Égypte, il fut ramené en Europe par les croisés au XIIe siècle qui en introduirent la culture à Chypre en 1291 après la chute de Saint-Jean d'Acre. Les Vénitiens s'emparèrent du commerce du sucre, comme de tout ce qui était lucratif, et plantèrent la canne à sucre en Crète (d'où le sucre candi du nom ancien de l'île, Candie) et en Sicile. Mais le principal producteur du bassin méditerranéen demeurait l'Égypte. Malgré tout, le sucre demeurait un produit de luxe fort cher que l'on enfermait avec les épices dans les armoires fortes des châteaux.
Les Portugais au XVe siècle en plantèrent à Madère et aux Canaries, et dès le début du XVIe siècle des cultures industrielles de canne à sucre(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires