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Profession : taxidermiste du monumental, avec Jack Thiney du Muséum national d’histoire naturelle
Notre série "Les métiers du Muséum", par Elodie Courtejoie
Au cœur de Paris au milieu d’immeubles cossus se trouve un gigantesque hangar où sont
entreposés quantité d’ours, d’élans, de girafes, d’éléphants et autres requins naturalisés, dont certains sont déjà centenaires. C’est le royaume de Jack Thiney, taxidermiste du "monumental" qui nous fait pénétrer dans son univers et partager sa passion pour son métier. Deuxième émission de notre série "Les métiers du Muséum".
Jack Thiney travaille dans un hangar dans le 5e arrondissement de Paris, au milieu d'un bestiaire insolite, composé de girafes, d'ours polaires, de têtes de dinosaures reconstituées et de maquettes de dragons.
Taxidermiste, il s'est très rapidement spécialisé dans un type de protocole qui implique un mannequin rigide uniquement pour animaux de grandes tailles : la taxidermie du monumental. Original pour celui qui enfant collectionnait les insectes !
Le damalisque : la technique de « l’acupuncture » ...
Nous rencontrons Jack Thiney en train d'apporter les dernières finitions à un damalisque. « Les aiguilles permettent de maintenir la peau à des endroits de dépressions, car la peau a tendance à se tendre en séchant. Quant aux pinces à linge, elles maintiennent les oreilles dans une position correcte » explique l'intéressé.
L'occasion pour nous de revenir sur les principales étapes pour naturaliser un animal de grande taille. Avant toute chose, il est important d'avoir des connaissances en anatomie pour créer le mouvement le plus naturel. « Il est essentiel d'avoir une connaissance mécanique du squelette » affirme Jack Thiney.
Lorsque l'animal arrive au Muséum, le taxidermiste réalise des croquis et prend les cotes. Celles-ci lui serviront pour la maquette à l'échelle 1/5e ou 1/15e selon la taille de l'animal, pour la mise sur pied de l'animal en grandeur nature.
Après plusieurs mois passés chez le tanneur, la peau revient au Muséum pour être conservée dans une chambre froide et être utilisée plusieurs années plus tard. Le temps pour Jack Thiney de concevoir un mannequin constitué d'une armature en fil de fer, d'une structure en bois, de mousse de polyuréthane et de polystyrène et de sculpter le tout pour arriver aux cotes initialement relevées. La peau est en dernier ressort enfilée en étoile et cousue. Comptez quelques semaines pour naturaliser une antilope.
Reconstituer des animaux disparus, et concevoir des chimères
L'imagination n'est pas exempte du métier ! Jack Thiney a travaillé à la conception de dragons, de chimères réalisées à partir d'animaux différents : la tête d'un dromadaire, la peau d'un crocodile, les dents d'un lion font en partie(...)
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