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Les vitraux du père Kim En Joong, peintre de lumière à la triple identité

Avec Kim En Joong, coréen, artiste peintre et religieux dominicain

Kim En Joong, artiste-peintre religieux est aujourd’hui reconnu dans le monde entier ; né en Corée du sud, en 1940 sous l’occupation japonaise, les rizières de son enfance et l’usine Goon-Si de Daejon où travaillait son père calligraphe marqueront le début d’une véritable épopée qui, après l’école des Beaux-arts de Séoul, le conduira à se faire baptiser ; un voyage improvisé en Europe s’achèvera en une merveilleuse aventure artistique et religieuse.


Le Père Kim raconte avoir vécu une expérience fondatrice lors de la découverte de la cathédrale de Chartres : « C’était il y a trente ans, alors que j’étais encore novice dominicain. Lorsque je pénétrai à l’intérieur de la nef pour la première fois, je fus ébloui. Il me semblait percevoir comme un avant-goût du ciel. Je n’avais vu nulle part cette lumière diffusée par des baies où dominent mes trois couleurs préférées : le bleu de l’espérance, le rouge de la naissance et le jaune de la joie. J’avais l’impression d’être couvert de bijoux scintillants. Ce fut comme un don du ciel. Depuis, je médite régulièrement dans la cathédrale. »
Le Père Kim aime à citer un proverbe chinois qui dit : « Si tu bois l’eau, n’oublie pas où est la source. »

Kim En Joong est né au Pays du matin calme, en Corée du sud. Fils d’un artisan-calligraphe, pendant toute son enfance vécue sous l’occupation japonaise (1905-1945) le petit Kim vivait avec ses parents et sa sœur aînée Yeon dans l’humble condition des paysans coréens. Il a eu faim. Seule l’affection des siens et la sagesse accompagnée aussi de mystique bouddhique maintenaient la cohésion de la famille Kim « Tant qu’on n’a pas pris conscience de son dénuement, on n’est pas victime de la pauvreté » dira-t-il plus tard.

Le jeune Kim fut terrifié par le décès de son grand[ère : « La mort accompagnée des cérémonies qui se succédaient dans les traditions superstitieuses de mon enfance m’a toujours angoissé et troublé avant que j’apprenne à la maîtriser et à en comprendre le vrai sens grâce à la religion. » C’est à cet âge aussi qu’il découvrit l’éclat des couleurs : à la fin d’une journée où le petit garçon très remuant était parti entre deux escapades et parties de pêche, rejoindre des paysans au travail pour les moissons, vers le soir, la lumière particulièrement dorée d’un coucher du soleil l'impressionna si fortement qu’il(...)


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