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La NRF, une revue d’exception dans le paysage littéraire du début du XX esiècle !

avec Robert Kopp, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
Depuis 1909, la Nouvelle Revue Française, la NRF, fait partie du paysage littéraire français et demeure une institution. Comment et pourquoi est née cette revue ? Quels en furent les pères fondateurs et avec quelle ligne éditoriale ? Réponses avec Robert Kopp, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, professeur de littérature française à l’Université de Bâle.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : PAG672
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/pag672.mp3
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Date de mise en ligne : 7 février 2010

Robert Kopp a rassemblé dans un volume des Cahiers de la NRF les contributions d’une quinzaine de spécialistes réunis autour de ce centenaire de la NRF à la Fondation des Treilles (dans le Var). Ce Cahier porte le titre : La place de la NRF dans la vie littéraire du XX ème siècle : 1908-1943.

Professeur de littérature française à l’Université de Bâle, historien de la littérature et des idées des XIX è et XX ème siècles, correspondant de l’Institut, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages critiques, dont un célèbre « Baudelaire, le soleil noir de la modernité » et directeur de "l’Album Breton » dans La Pléiade, pour ne citer que quelques uns de ses livres.

Après avoir situé la Fondation des Treilles (fondée par Anne Gruner-Schlumberger pour nourrir le dialogue interdisciplinaire, notamment entre les arts et les sciences), il évoque d’abord l’ensemble du paysage littéraire au tournant du siècle : les courants dominants (le naturalisme et le symbolisme), la multitude de revues littéraires qui existaient, chaque "école", chaque groupuscule publiant la sienne.

Or, André Gide, qui a trente ans, qui donne ses textes à plus de douze revues différentes, aurait bien voulu en avoir une à lui, mais nouvelle, différente, pas comme celle des autres... Toutefois, il veut écrire mais pas s’engager à la diriger. Et c’est ainsi qu’est née cette fameuse Nouvelle Revue Française, au sein de laquelle Gide joua un rôle clé, bien sûr, mais qui n’aurait ni vu le jour ni pu perdurer sans le talent d’homme d’affaires (mais il était aussi passionné de peinture) de Gaston Gallimard (le grand-père de l’actuel patron des éditions Gallimard, Antoine).

Un groupement d’esprits libres

Après une sorte de "numéro zéro" paru en 1908, la NRF nait véritablement en 1909. Ce n’est pas une revue-manifeste ni une revue affichant un programme. Gide en définit la ligne éditoriale : "Un groupement d’esprits libres", une pluralité de voix, une polyphonie parfois complexe et même comlpliquée. "Cependant, il y a accord sur les valeurs, explique Robert Kopp, parce qu’on s’inscrit délibérement dans la grande tradition française classique notamment pour la langue écrite". Et pour cette raison, on demeurait parfois réticent vis-à-vis de certains écrivains qualifiés d’avant-gardistes (sur ce point, notre invité apporte un éclairage indispensable dans sa contribution à ce Cahier, notamment pour le cas André Breton).

Autre valeur commune : l’ouverture sur l’international (Gide traduisait le russe, l’anglais, l’allemand... et les italiens figuraient également parmi les auteurs publiés dans la NRF).

Trois époques

Faut-il parler de la NRF ou des NRF selon les époques auxquelles on fait référence et selon selon les différents directeurs (Schlumberger, Rivière, Paulhan…) ? Sur ce point, Robert Kopp apporte des précisions claires :

- 1909-1914 : les débuts. La revue s’arrête avec la déclaration de guerre.
- 1919-1925 : les consciences des écrivains sont tourmentées : faut-il considérer la guerre comme une parenthèse et recommencer à écrire comme si rien ne s’était passé ou bien, au contraire, le monde n’étant plus comme avant après ce cataclysme, faut-il écrire autre chose autrement ? Et quand on est un écrivain avec une oeuvre derrière soi datant d’avant la guerre, comment reprendre l’écriture ?
- 1926-1943 : une période plus politique avec de grands collaborateurs.

Deux événements au moins ne peuvent passés sous silence et Robert Kopp nous fournit les détails qui permettent une meilleure compréhension de l’époque :

1. En 1911, Gaston Gallimard intègre l’équipe. Et c’est la naissance d’un "comptoir d’édition de la NRF" qui va donner naissance à la maison Gallimard (Gide, Schlumberger et Gallimard sont associés à parts égales dans un apport initial). La revue va servir "d’aspirateur" de bons textes qui pourront être publiés. Et tous les grands écrivains de l’époque seront "aspirés" pour être publiés en livres par Gallimard qui n’aura de cesse de rattraper les quelques uns qui ont été publiés ailleurs (Proust ou Céline entre autres).

2. L’autre événement, c’est la reparution de la revue en pleine Occupation (jusqu’à son arrêt final en juin 1943) et le rôle de Pierre Drieu La Rochelle. Les occupants, en 1940, avaient fait mettre les scellés sur la revue et des "négociations" avaient dû s’engager. Pour qu’elle puisse reparaître, il était exigé que le directeur soit agréé par eux. Et c’est ainsi que le choix se porta sur Drieu (qui, souligne Robert Kopp, demeure un grand écrivain en dépit de ses choix politiques, son Journal (1939-1945), préfacé par Pierre Nora, de l’Académie française, le prouve).

Parmi les auteurs publiés, nombreux étaient les membres de l’Académie française. Citons, sans ordre, ni chronologique ni alphabétique, Paulhan, Arland, Lacretelle, Green, Morand, Valéry, Genevoix, Mistler, Claudel…

Pour aller plus loin :

- Ecouter une autre émission consacrée à la période 1914-1925 de la NRF : La Nouvelle Revue Française entre Guerre et Paix (1914-1925)

- Trouver des informations sur le site de l’IMEC qui a organisé une exposition à Caen sur le thème "un siècle de revues" http://www.imec-archives.com/activites_agenda.php

A écouter aussi, de Robert Kopp Le système universitaire de la Suisse et "Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ?"






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