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Le sculpteur Jean Cardot de l’Académie des beaux-arts (1/2)

Rencontre avec l’artiste

Comment Jean Cardot est-il devenu sculpteur ? Il revient sur l’histoire de son parcours pour Canal Académie, en toute transparence, avec l’aisance du recul sur une vie dense, marquée selon ses propres mots, « par une chance inouïe ». Mais que signifie la chance pour un artiste ? Très tôt il comprend sa vocation : seule la sculpture l’intéresse. Le témoignage d’un homme libre, capable d’exercer d’autres métiers pour faire la sculpture de son choix loin des discours et des média : parcours d’un sculpteur qui pratique l’art plus qu’il n’en parle, l’essentiel à ses yeux.


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À onze ans, Jean Cardot savait qu'il voulait devenir sculpteur. Enfant, il regardait son père tailler le bois, sculpter ou modeler des petites pièces, sur l'établi, installé dans la cuisine de la maison. Cheminot, en dehors de son travail, l'homme aimait la sculpture et s'était lié d'amitié avec un sculpteur stéphanois, Emile Tourner. En pleine guerre, dans la France occupée des années quarante, Jean Cardot intègre l'École des beaux-arts de sa ville natale, Saint-Etienne, l’année de ses treize ans. Son père, pragmatique, lui fait apprendre à 14 ans pendant les vacances, le métier de tailleur de pierre. Lorsque jeune adolescent, il franchit une nouvelle étape en entrant à l'École de beaux-arts de Lyon, à 16 ans éloigné de son milieu familial, il a "en main" des gestes de sculpteur, une approche de la taille et de la pierre. Pour celui que l'on surnommait "le petit Cardot" à Saint-Etienne, en raison de son jeune âge, dès lors, le monde de la sculpture et des arts s’ouvre à lui, il n’en sortira jamais.



De Lyon (1946) à Paris où il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts, Cardot travaille sous le regard de ses aînés. Des sculpteurs et des professeurs, Gaumont et Janniot, le prennent sous son aile, lui apprennent le métier de sculpteur, de praticien, de mise au point. Il a 19 ans. Autonome, «le bonheur» de faire de qu'il veut, c'est-à-dire de la sculpture, lui suffit. Plus tard, à Paris, au cours de ses études, de ses rencontres, il accède à la culture dont les circonstances de la guerre l'avaient privé. Il admire Michel-Ange et Rodin. Surtout, il s'émerveille du Paris de l'après-guerre, celui du mythique Saint-Germain-des-Prés. La ville s'impose rapidement pour lui comme un besoin, une condition nécessaire à son plaisir d'être. Il n'a pas encore trouvé "son propre" langage de sculpteur.



Dans cet entretien, il parle des sculpteurs des années cinquante qui ont compté pour lui. Il cite Henri Moore, Giacometti, qu'il a connu en 1961 quand il reçut le prix Bourdelle dont le jury rassemblait alors les plus grands noms de la sculpture. Robert Couturier dont le regard lui était nécessaire pour avancer dans ses recherches, semble avoir eu plus d'importance que les autres. «Il m'ouvrait des portes», des perspectives sur son travail, dit Jean Cardot. Qui l'a influencé? Étienne Martin et Henri Moore qu'il admirait? Qu'a-t-il appris d'eux et comment? A partir de là, il élabore son langage et(...)


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