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Un authentique chevalier du XIVe : Philippe de Mézières

avec Philippe Contamine, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Portrait d’un authentique chevalier, homme de culture et de pouvoir, Philippe de Mézières, qui fut l’ami de Pétrarque et le conseiller de Charles V. Son "Episte lamentable et consolatoire" datée de 1397 est ici présentée par le médiéviste Philippe Contamine, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres qui en explique le contexte historique.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pag668
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/pag668.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida5037-Un-authentique-chevalier-du-XIVe-Philippe-de-Mezieres.html
Date de mise en ligne : 15 novembre 2009

Cette émission se propose de vous faire découvrir un auteur du Moyen-Age, Philippe de Mézières, avec un auteur médiéviste, Philippe Contamine, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, qui a publié, pour la Société de l’histoire de France et avec Jacques Paviot, un texte de Philippe de Mézières : Une epistre lamentable et consolatoire adressée en 1397 à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, sur la défaite de Nicopolis (en septembre 1396). Le manuscrit est actuellement conservé à la Bibliothèque royale Albert I de Bruxelles. Cette épitre est longue (dans la version publiée elle va de la page 97 à 231, soit plus de 130 pages tout de même !)

Philippe de Mézières et Richard II
Philippe de Mézières et Richard II

Philippe Contamine explicite en préambule le titre de cette épître et surtout les circonstances de cette bataille de Nicopolis, qui fut une « desconfiture » , une « journée lacrimable ». Les turcs ottomans, sous Bayazid II, qui commençaient à envahir l’Europe de l’Est, avaient tués de nombreux chevaliers chrétiens et fait prisonnier le fils aîné du duc de Bourgogne (le futur Jean sans Peur). Philippe de Mézières rappelle au duc Philippe le Hardi que la défaite de ce "voyage en Hongrie"était prévisible tant les chevaliers se montraient indisciplinés. Néanmoins, rien n’est perdu, écrit-il.

Un homme complet

Aux yeux de Philippe Contamine, Philippe de Mézières est « un homme complet », le modèle du chevalier du Moyen-Age : homme de guerre, de pouvoir, de dévotion, auteur d’une œuvre abondante, au style fleuri. Un homme de petite noblesse, un laïc à l’esprit religieux, un combattant engagé (c’est l’époque de la guerre dite de Cent ans). Il possédait une solide culture et fut l’ami de Pétrarque. Sa famille (une fratrie de douze enfants) est originaire de Mézières en Santerre, en Picardie, et il semble que le jeune Philippe ait fait des études à Amiens, ville où il fut baptisé.

Un Ordre original

Homme de guerre, il participe à plusieurs campagnes militaires et homme de croisade, il part pour l’Orient, avec les hommes de Humbert II, dauphin de Viennois (en 1346). Et l’année suivante, puisqu’il est sur place, il effectue son pèlerinage à Jérusalem, une expérience mystique qui décide de sa vocation : il veut créer un ordre de chevalerie et il en rédige la première version de la règle. La milice de la Passion de Jésus Christ…. Philippe Contamie explique l’originalité de cet Ordre, rêve et utopie, mais conçu de manière logique et solide : l’Ordre devait constituer une société où toutes les couches seraient présentes, avec les prêtres, bien sûr, mais aussi les clercs, les chevaliers, les frères, les sergents et leurs familles. Une centaine de personnes semble-t-il, selon la liste retrouvée à la bibliothèque de l’Arsenal, se seraient portées volontaires pour constituer cet Ordre d’un nouveau style qui cependant ne fut jamais créé.

Parmi les œuvres de Philippe de Mézières, on retient surtout son chef d’oeuvre le Songe du Vieil Pèlerin(1389) qui obtint en son temps un relatif succès. Il a fallu attendre 1969 pour en voir publiée une première édition et Philippe Contamine signale une prochaine édition en français moderne dûe à Joëlle Blanchard.

Homme de pouvoir, Philippe de Mézières fut Chancelier de Chypre, auprès du roi Pierre Ier de Lusignan. Puis lorsqu’il revint en France, il devient le conseiller de Charles V et le mentor du jeune et futur Charles VI (lequel fut atteint plus tard de folie). A la mort de Charles V, il se retirera, renoncera aux honneurs et aux richesses pour entrer en dévotion. Mais en vérité, il fut rattrapé par les affaires du royaume, d’autant que son élève, le jeune Charles VI, est sous la tutelle de ses oncles, dont le duc de Bourgogne Philippe Le Hardi et veut s’en libérer…

Homme de dévotion, on doit à Philippe de Mézières d’avoir insisté pour qu’une fête chrétienne soit instituée, celle de la présentation de la Vierge au Temple. Il y réussit et celle-ci est fêtée, grâce à lui, depuis 1372. Vers 1378, on est à ce moment, douloureux pour la chrétienté, du Grand Schisme où il y a deux papes… celui de Rome et celui d’Avignon. Philippe Contamine explique pourquoi le chevalier de Mézières a clairement opté pour le pape d’Avignon Clément VII contre « l’intrus de Rome » Urbain VI, se rangeant par ce choix aux côtés du Roi de France.

Une epistre lamentable et consolatoire, est publiée à Paris, au siège de la société d’Histoire de France, distribuée par Erudist www.shfrance.org






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