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ES556
Pierre George : un maître en géographie
Notice sur la vie et les travaux de Pierre George par Jean-Robert Pitte, de l’Académie des sciences morales et politiques
Le géographe Jean-Robert Pitte a évoqué le parcours de Pierre George, le maître qui a dominé la géographie française pendant la seconde moitié du XXe siècle, en lisant, devant ses confrères de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en séance le lundi 12 octobre 2009, la notice sur la vie et les travaux qu’il a rédigée sur son prédécesseur.
Cette émission permet d'entendre la "notice sur la vie et les travaux" (telle est l'expression consacrée) que Jean-Robert Pitte a prononcée sur Pierre George dont il a d'ailleurs été l'étudiant en géographie. Ainsi peut-il témoigner : « Il était plein d'urbanité ». Manifestement l'ancien étudiant éprouve pour son maître en géographie bien du respect et ne manque pas de souligner que cet hommage qu'il lui rend se déroule exactement un siècle et un jour après la naissance de Pierre George, né le 11 octobre 1909.
Jean-Robert Pitte retrace le parcours étudiant et universitaire de Pierre George : il fut un brillant élève au Lycée Charlemagne à Paris puis fit des études d'histoire et de géographie (les deux étaient liées à l'époque) passant notamment un doctorat d'histoire ancienne. Il prépara sa thèse de géographie régionale sur le bas-Rhône (région d'Avignon) et la soutint quatre ans après : un exploit, puisque le jeune homme n'avait que 25 ans. Tout le monde autour de lui s'accordait à souligner sa grande capacité de travail et sa maturité. Il sortit major de l'agrégation mais, prenant plaisir à enseigner, il demeura, entre 1930 et 1940, professeur de collège et de lycée (Alain Peyrefitte compta parmi ses élèves en classe de 6ème). Ses anciens élèves sont unanimes à louer ses talents de pédagogue.
Puis Pierre George apprit le russe et au cours de ses voyages en URSS (en 1933 puis à plusieurs reprises) fut séduit par le socialisme soviétique au point qu'il adhéra en 1935 au Parti Communiste (comme Julien Gracq qui, lui, rendit sa carte assez rapidement tandis que Pierre George la conserva durant 20 ans pour finir par quitter le Parti discrètement après l'invasion de la Hongrie en 1956). Cette séduction envers le communisme influença certainement le rayonnement qu'il exerça sur ses élèves et les explications de Jean-Robert Pitte sur ce point constituent certainement l'un des moments les plus intéressants de cette "notice". Les élèves de Pierre George à Sciences Po le surnommaient affectueusement « l'un des trois Marx Brothers »...
Pierre George, lié à la famille fondatrice des(...)
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