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Paul Ricoeur et Jean-Pierre Changeux, dialogue ou duel ?

Autour de leur livre La nature et la règle, l’agenda littéraire de Jean Roulet

Les théories neurobiologiques de Jean-Pierre Changeux constituent un événement scientifique d’envergure dont le retentissement philosophique aura été considérable, comme en témoigne le dialogue avec Paul Ricoeur. Jean Roulet se fait le lecteur attentif de la rencontre entre ces deux penseurs que tout sépare mais qui échangent avec tolérance.


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En publiant Du Vrai, du Beau et du Bien (cf. notre émission ) Jean-Pierre Changeux lançait le gant à la communauté philosophique. Une cascade de réactions allait s’ensuivre.
La présente émission revient sur une confrontation capitale qui, à l'initiative des éditions Odile Jacob, a opposé en 1998 Jean-Pierre Changeux au philosophe Paul Ricœur, deux statures internationales.
La rencontre aura permis de cerner ce qui sépare leurs courants de pensée. Sans en dissiper les divergences de fond elle a pu les accompagner jusqu'à un chemin de tolérance.
Recueillis par l’éditeur, soumis à la relecture des auteurs et publiés chez Odile Jacob, les propos échangés n'ont toujours pas fini d’alimenter l'abondance des réactions suscitées par les ouvrages de Jean-Pierre Changeux.

La métaphysique, territoire occupé

Parmi les réactions à l’ouvrage de base Du vrai, du beau et du bien [4], un article de Catherine Malabou [5] retient l’attention car il éclaire bien le débat sans le dépassionner.
Elle ne cache pas son embarras d’avoir à cautionner une mainmise des neurosciences sur le territoire de la philosophie qui « apparaîtra nécessairement comme une usurpation, une captation des idées métaphysiques. » Elle dresse un tableau plutôt sombre des tourments imposés à la philosophie « qui s’est fait prendre de court par les neurosciences ».
Selon elle, le philosophe découvre « qu’il n’a rien de sérieux ni rien de convainquant à opposer à l’hégémonie neuroscientifique, sinon l’affligeante pauvreté d’un idéalisme ou d’un spiritualisme des plus primitifs. »

Elle note que la crise provoquée par cette « réduction de l’idéal au neuronal » n’a fait qu’accentuer la scission entre, d’un côté, « la philosophie analytique anglo-saxonne » soucieuse de mettre «(...)


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