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La "Machine esprit"

La leçon inaugurale d’Alain Prochiantz, de l’Académie des sciences, à l’Ecole des Ponts Paris Tech

La grande question que se posent les embryologistes est la suivante : quel est le "plan" qui décide du sort de nos cellules pour que nous soyons homme, crapaud, souris ou mouche ? Méfiez-vous des faux amis ! La mouche est un ancêtre tout aussi valable que le chimpanzé pour l’homo sapiens que vous êtes. Écoutez la leçon inaugurale d’Alain Prochiantz donnée fin août 2009 à l’ENPC : une intervention, passionnante et accessible à tous.


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Comme le rappelle Alain Prochiantz dans son introduction les Sapiens ont vu le jour il y a 120 000 ans, là où la vie sur Terre a débuté il y a 3 milliards d’années. « Nous représentons 7 secondes dans une journée de 24 heures ! Nous sommes une espèce tout à fait fulgurante » résume-t-il.

A la base de tout cela : les cellules. Elles sont des unités morphologiques exceptionnelles qui créent méthodiquement un organisme. Ces cellules ont à la fois une fonction précise et infinie de programmation, de multiplication, de croissance et de mort cellulaire...
Mais comment s'organisent-elles ? « Quel est le plan ? » s'interroge Alain Prochiantz.


La mouche : une cousine pas si éloignée !


C'est dans les années 1980 qu'a été découvert sur la mouche le gène de développement ; une avancée importante pour comprendre la biologie du développement et l’évolution.

Constat amusant : les gènes responsables du développement morphologique de certains organes le long de l’axe antéropostérieur de l’organisme chez l'insecte, sont disposés le long de l’axe antéropostérieur du gène, « comme si vous aviez une mouche miniature dessinée à la surface de votre chromosome » résume Alain Prochiantz.


Ce gène de développement s'avère en réalité exister chez tous les vertébrés. Au point que si vous retirez le gène de la mouche par un homologue d’une autre espèce :

- un gène de souris remplaçant un gène de mouche donnera une mouche presque normale
- de même un gène de sapiens remplaçant un gène de mouche donne une mouche presque normale !


Voici la preuve au passage que nous avons un ancêtre commun avec la mouche qui aurait vécu il y a 600 millions d’années.

Perdre la tête : une question de gène

Reprenons sur notre gène de développement. Grâce à lui, chaque cellule possède une information pour savoir où se positionner dans le corps. Par exemple, le gène « de l’avant » permet de construire la tête des vertébrés (de l’hydre comme de l’être humain).

De la même manière que l'exemple précédent :
- si l'on retire le gène en question d’une souris cette dernière perd la tête
- si l'on retire ce gène(...)


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