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Ecrivains français en Italie (4) : Chateaubriand, de l’Académie française

Avec Giovanni Dotoli, professeur de langue et de littérature françaises à l’université de Bari

Quelle relation le grand écrivain François-René de Chateaubriand entretenait-il avec l’Italie ? Fut-il uniquement sensible à la décadence romaine ? Réponses avec Giovanni Dotoli, professeur de langues et de littérature française à l’université de Bari qui offre ici des extraits du Voyage en Italie.


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Elu le 20 février 1811 à l'Académie française, Chateaubriand ne put prononcer son discours de réception sous la Coupole et n'occupa son siège que sous la Restauration. En 1803, il se rend à Rome en tant que secrétaire de légation et son contact avec le monde romain commence. C'est par ailleurs ce contact qui traversera toute son œuvre.

"Je vais bientôt quitter Rome, et j'espère y revenir. Je l'aime de nouveauu passionnément, cette Rome si triste et si belle : j'aurai un panorama au Capitole où le ministre de Prusse me cédera le petit palais Caffarelli... " (Mémoires d'outre-tombe).

En pleine période du Romantisme, l'écrivain est beaucoup plus sensible à la décadence romaine qu'à son apogée. Pays de l'idéal, du songe, de la magie, du rêve, c'est une Italie à la Chateaubriand qui marche sur deux rives : d'un côté le rêve du ciel italien un peu à la Baudelaire et de l'autre, un passé idéalisé.

Il mesure le temps à partir du spectacle des ruines :
" Quand je me promène seul à présent au milieu de tous ces décombres des siècles, ils ne me servent plus que d'échelle pour mesurer le temps : je remonte dans le passé, je vois ce que j'ai perdu et le bout de ce court avenir que j'ai devant moi... " (Mémoires d'outre-tombe)

François-René de Chateaubriand a voyagé six fois en Italie, ce qui est plutôt beaucoup pour un écrivain français. De Rome à Naples en passant par Venise, il s'attardera sur cette dernière pour sa vie, son histoire et son image, qui fait de cette grande ville la tradition des liens entre l'Orient et l'Occident. Venise sera capitale dans sa vie. Il fut d'ailleurs l'un de ceux qui annoncèrent la mort de Venise qui traverse tout le XIXe siècle.
" Ces édifices surdorés, embellis avec profusion par Giorgione, Titien, Véronèse, Tintoret.... sont remplis de bronze, de marbres, de granits, de porphyres, d'antiques précieuses, de manuscrits rares : leur magie intérieure égale leur magie extérieure ; et quand, à la clarté suave qui les éclaire, on découvre les noms illustres et les nobles souvenirs attachés à ces voûtes, on s'écrie avec Philippe de Comines : "C'est la plus triomphante cité que j'ai jamais vue ! ". (Mémoires d'outre-tombe)(...)


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