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Jean-Robert PITTE : La loi du 10 août 2007 portant sur les libertés et les responsabilités des universités

Une communication prononcée devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques
Jean-Robert Pitte, ancien président de l’université de Paris IV-Sorbonne (2003 - 2008), membre de l’Académie des sciences morales et politiques, s’est exprimé sur La loi de 2007 portant sur les libertés et les responsabilités des universités , devant ses confrères de l’Académie, le 29 juin 2009. Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de sa communication.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : ES547
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/es547.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 19 juillet 2009


Jean-Robert Pitte, membre de l'Institut, Académie des sciences morales et politiques, 29 juin 2009
Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut, Académie des sciences morales et politiques, 29 juin 2009
© Canal Académie

Pour Jean-Robert Pitte l’université française vit « sur une autre planète, totalement déconnectée des réalités européennes, tout au moins de celles de l’Europe du nord. L’active résistance aux réformes d’une minorité des professeurs, des chercheurs, des personnels administratifs et des étudiants, s’appuyant sur la passivité de la majorité, témoigne depuis des décennies d’un conservatisme incompréhensible au-delà de nos frontières. C’est également vrai à l’intérieur de celles-ci, au sein du milieu de l’entreprise, ou même de la politique, droite et gauche confondues. Les grands partis, les parlementaires et les gouvernements successifs et de couleurs alternées se méfient comme de la peste de l’idée de réformer l’Université, comme d’ailleurs l’Éducation nationale en général. Les deux années qui viennent de s’écouler ne sont pas faites pour les inciter à changer d’avis sur ce point ! ».

L’ancien président de l’université de Paris IV pense que l’université française est maintenue « dans le rôle ingrat de l’accueil de tous les étudiants non retenus dans les formations sélectives, lesquels représentent 35 à 40 % des bacheliers ». Dénonçant depuis longtemps, une sélection par l’échec, la cause de l’affaiblissement des universités tient, selon ses propos, à leur refus de tout lien avec le monde de l’entreprise et à la quasi gratuité des formations universitaires. L’État ne peut subvenir aux besoins des universités, malgré des efforts récents pour aligner les universités sur les moyens privés et publics dont disposent les grandes écoles.

Jean-Robert Pitte a rappelé les différentes missions de l’enseignement supérieur : celles définies par la loi Savary de 1984 et celles plus récentes de la loi de 2007. Il a distingué les principaux changements concernant la présidence de la Conférence des chefs d’établissement des universités. Une véritable révolution dans les mentalités universitaires, devrait s’opérer par la mise en place et la création des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants dans chaque université, pour diffuser aux étudiants des offres de stages et d’emplois en lien avec les formations proposées par l’université.

L’obligation des universités de publier des statistiques comportant des indicateurs de réussite aux examens et aux diplômes, des indicateurs de poursuite d’études et d’insertion professionnelle des étudiants, est pour lui un point positif si l’État veille à son application à l’occasion de la signature des contrats quadriennaux.
Dans son constat, il déplore le système d’obligation des pré-inscriptions, pour l’instant mal géré, à ses yeux, ainsi que le maintien d’un certain « localisme » dans le recrutement des enseignants-chercheurs, malgré le cadre de la loi de 2007. La culture de l’évaluation des personnels administratifs, enseignants-chercheurs en lien avec les universités n’est pas encore acquise et fait considérablement défaut malgré l’obligation dans la loi d’une évaluation pour tous les personnels. Les établissements devenus autonomes gèrent leur budget et leurs propriétés. Mais seul un cinquième des universités ont réclamé et obtenu cette autonomie. Que feront les universités dont les biens immobiliers, pour l’instant propriété de l’État, sont en trop mauvais état ? La possibilité pour chaque université de créer une fondation, grâce à la loi de 2007 a été rappelée.

Jean-Robert Pitte ne défend pas la mesure de la loi de 2007 concernant le mode d’élection du président de l’université. Le président est dorénavant, dans le cadre de la loi de 2007, un enseignant-chercheur ou un chercheur élu pour quatre ans dont le mandat est renouvelable une fois, sans qu’il soit nécessairement affecté à l’établissement, ni français. Le conseil d’administration qui le choisit comprend de vingt à trente membres, élus au scrutin de liste. Selon ses propos, « Il s’agit là, sans aucun doute, de la mesure la moins défendable de la loi LRU, en recul sensible par rapport à la loi Savary de 1984 qui prévoyait que les collectivités territoriales et les grandes organisations d’employeurs et de cadres désignaient leurs représentants préalablement. Ce système électoral a, jusqu’à maintenant, privilégié l’élection d’un certain nombre de présidents opposés à l’application de la loi LRU, alors qu’en 2007 la Conférence des présidents d’université y était quasi-unanimement favorable. »

En savoir plus

- Texte de la communication de Jean-Robert Pitte du 29 juin 2009
- Jean-Robert Pitte de l’Académie des sciences morales et politiques






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