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Correspondance Maurice Barrès-Anna de Noailles
Lecture de lettres conservées à la Bibliothèque de l’Institut
C’est une correspondance méconnue que celle qu’échangèrent deux personnages emblématiques de la Belle Époque, deux esprits forts et controversés aussi : la belle Anna de Noailles et le déroutant Maurice Barrès, de l’Académie française. La passion platonique et l’admiration mutuelle entre les deux écrivains donna lieu à des lettres superbes, dans la tradition toute française de la correspondance amoureuse. Le comédien Fernand Guiot et le directeur-conservateur de la Bibliothèque de l’Institut Mireille Pastoureau se font ici les voix des deux épistoliers.
Anna-Élisabeth de Noailles écrivit 539 lettres à Maurice Barrès ; Barrès envoya 392 lettres à la comtesse.
Par cette imposante correspondance, dont les manuscrits sont conservés à la Bibliothèque de l'Institut de France, les deux géants de la Belle-Époque nourrirent une passion platonique durant de nombreuses années.
La figure de proue du nationalisme français était de dix ans l'aîné de la jeune princesse roumaine ; ils s'écrivirent de 1901 à 1923, avec une interruption de sept années de silence.
Leurs lettres, riches de sentiments et de détails sur la vie du début du XXe siècle, ont été confiées à Canal Académie par Mireille Pastoureau, directeur-conservateur de la Bibliothèque.
Cette dernière incarne pour nous Anna de Noailles, tandis le comédien Fernand Guiot se fait la voix de Maurice Barrès.
Extraits
1 - Lettre du 11 octobre 1905, Anna de Noailles parle de la future élection de son ami à l’Académie française.
« Jurez que vous serez élu ! Nous ne voulons plus d’émotion comme la dernière fois. Oui, mon ami, on n’a que soi dans notre divin métier. L’enthousiasme des autres s’arrête, se bute à des intérêts, des amitiés. »
2 - Lettre du 21 octobre 1905, Anna de Noailles songe à un voyage en Espagne… qu’elle ne fera qu’en rêve.
« […] l’Espagne que je devine, et que je comprends déjà comme si elle répondait à tout mon sang oriental. Je sais que j’en goûterai avec intelligence – je veux dire une totale sensibilité – l’ardeur, la pompe, la folie, le prétentieux tragique, les fastes funèbres. »
3 - Lettre du 30 novembre 1905 : Anna de Noailles raconte sa visite chez le sculpteur Rodin
4 - Lettre du 25 janvier 1906 : Réaction d'Anna de Noailles à l'élection de Barrès à l'Académie française.
« Je suis comme ces gens qui, quand un bonheur arrive, s’effraient ; parce qu’ils étaient heureux avant, et qu’un changement trouble le cœur. »
5 - Les deux amis n'étaient cependant pas à l'abri des querelles. Témoin cette lettre du 13 mai 1906 signée Barrès, où l'écrivain regrette l'apparition d'une fâcherie.
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