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Calvin, témoin et artisan d’une mutation de société

avec Pierre Janton, docteur en lettres et en théologie

En cette année 2009 qui fête le 500e anniversaire de la naissance de Calvin, Pierre Janton qui a dirigé un centre de recherches sur la Réforme et la Contre-Réforme, publie un ouvrage majeur Jean Calvin, ministre de la parole. Il insiste dans cette émission sur la mutation que ce réformateur a introduite dans la société de son temps.


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D'emblée, Pierre Janton expose l'apport de Calvin à son époque :
« Il nous donne un bel exemple car quand on voit l’œuvre qu’il a réalisée à Genève pour le bienfait de cette cité et en dépit de tous ceux qui avaient intérêt à maintenir la cité à la fois dans l’ignorance et dans le libertinage, quand on voit l’œuvre et le courage dont il a fait preuve, on ne peut qu’admirer cet homme-là, car on a beaucoup critiqué son rigorisme moral mais c’était une œuvre de salut public, c’était une société malade de la prostitution, de la pauvreté, du chômage, et malade de ses riches car ceux qui s’opposaient à Calvin c’étaient des gens qui voulaient continuer à bénéficier des avantages financiers qui ruinaient la cité et à qui Calvin et ses amis ont fini par « faire rendre gorge».

Calvin et la désacralisation, ou le sacré que l’on a en soi

Pierre Janton utilise à l’égard de Calvin une jolie formule : « Calvin, témoin d’une mutation du sacré et artisan des mentalités qui en découlent. » Cette mutation était attendue en cette fin du Moyen-Age :

- «C’était», explique notre invité, «une aspiration qu’on reconnaissait dans l’évolution de la piété ; bien sûr à côté d’une piété très rituelle presque magique, une piété qui investissait le sacré dans des objets extérieurs, il y avait un courant qui était apparu dans la vallée du Rhin, une cinquantaine d’années avant, et qui était bien connu de Luther d’ailleurs, c’était le courant de la dévotion moderne, « Devotio moderna » qui consistait à intérioriser la piété, et à chercher le sacré en soi. Qu’est ce qu’on pouvait trouver en soi ? On pouvait trouver le contact entre l’âme individuelle et le Sauveur, manifesté dans cette certitude intérieure qu’on était aimé par Dieu et par Jésus, Jésus étant la preuve de l’amour de Dieu, et que l’on recevait par un acte de foi : c’est ce qui caractérisait ce mouvement « Devotio moderna » ; mouvement un peu piétiste qui ne suffisait peut-être pas pour structurer une Eglise, mais qui a été bien présent dans l’évolution de la piété dont Calvin s’est fait le champion.»

(...)


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