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La tulipe noire de la cartographie de Mattéo Ricci

par le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny

Lors de la foire internationale des antiquaires qui s’est déroulée à Maastricht, au Pays-Bas, du 13 au 22 mars 2009, Bertrand Galimard Flavigny repère une carte extraordinaire. Mais avant d’en dire plus, il vous fait découvrir son auteur : le Père Mattéo Ricci.


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Entré dans la Compagnie de Jésus à Rome en 1578 puis ordonné prêtre à Cochin (en Inde) en 1580, Matteo Ricci (1552-1610) pénétra en Chine par Macao en 1583 et s'installa à Zhaoqing près de Canton. Il parvint à se mettre en contact avec des mandarins grâce à ses grandes connaissances en mathématiques et en astronomie. Il resta dix-huit ans dans le sud de la Chine à proximité de Macao où il apprit à lire et écrire le chinois.

Dans les locaux de sa mission, il décora ses murs avec une carte géographique de l’Ouest du monde. On rapporte que le gouverneur de la région, l’ayant admirée, lui demanda de la transcrire en langue chinoise. Le père jésuite se mit au travail et dessina une nouvelle carte dans un plus grand format afin de laisser la place aux idéogrammes. Il la fit graver en plusieurs exemplaires qu’il distribua dans l’entourage du notable. Quelques années plus tard, en 1599, installé dans une nouvelle mission à Nanking, il réalisa une nouvelle version de cette carte. Mais aucune n’est parvenue jusqu’à nous.

Le père Matteo Ricci fut le premier à comprendre que les Européens ne pourraient se faire accepter des Chinois que s’ils se présentaient à eux comme leurs semblables et partageaient avec eux une culture commune. Tout en étudiant leur langue, il se plongea dans les classiques, bagage de tout lettré, et adopta le costume des mandarins. Il réussit ainsi à fléchir la méfiance des Chinois, à se faire accepter et même respecter d’eux. Mieux encore il se fit inviter, en 1601, à la cour impériale de Pékin, en tant qu'ambassadeur des Portugais auprès de l'empereur Wan-li. Dans ses bagages, il avait emporté une épinette, deux horloges à sonnerie et la fameuse carte. A son arrivée, il écrivit à l'empereur un Mémorial dans lequel, en se présentant comme religieux et célibataire, il ne demandait aucun privilège à la cour, si ce n’est uniquement de pouvoir mettre au service de sa majesté, sa propre personne et ce qu'il avait pu apprendre sur les sciences dans le « grand Occident », dont il était originaire.



Ricci, ayant encore acquis de nouvelles connaissances sur son pays d’accueil, réalisa une nouvelle carte dans un format encore plus important que les deux premières (h : 2 m x L : 4 m) largement commentée en idéogrammes. Celle-là fut gravée par les soins du mandarin Zhong Wentao. Dans ses(...)


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