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La toponymie ou l’importance politique des dénominations géographiques

Avec Pierre Jaillard, Président de la Commission nationale de toponymie (CNT)

La toponymie, cette science qui étudie les noms de lieux, a de tous temps représenté un enjeu politique car nommer, c’est s’approprier. Pierre Jaillard, passionné du sujet, livre à Anet Sauty de Chalon quelques angles d’approche pour mieux faire comprendre cet enjeu.


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Nommer, c’est prendre possession. A l’aune de cette définition, on mesure à quel point les dénominations géographiques ont de tous les temps représenté un enjeu politique. Au-delà du mot, c’est la langue, l’origine du locuteur, le territoire de celui-ci qui s’impose.

En sa qualité de Président de la Commission nationale de toponymie (CNT), organisme rattaché au ministère de l’Equipement, Pierre Jaillard et son équipe sont amenés à faire des recommandations aux pouvoirs publics. Dans cet entretien, il n’est pas question de toponymes français mais d’appellations délicates que l’actualité internationale met parfois en lumière. Par exemple, lorsque les agissements des pirates au large de la Somalie conduisent les media à reprendre sans discernement la dénomination anglaise de Puntland, la CNT s’avise de suggérer un autre toponyme, celui de Pount.


Pierre Jaillard, passionné par son sujet, passe ainsi en revue quantité de noms de lieux. A travers cette évocation, c’est l’histoire et l’étymologie qu’il convoque, l’usage restant, au bout du compte, le seul juge.

Comme nous l'explique notre invité : les noms représentent des enjeux. Ils sont en cela des outils techniques.

- Exemple : doit-on dire «territoires palestiniens» ou «territoires occupés» ?

Dans cette émission, vous apprendrez que Pierre Jaillard choisit pour terminologie officielle « territoires palestiniens» car ce terme désigne les zones de la Terre Sainte qui n'appartiennent pas à Israël en vertu du droit international reconnu.Cela crée-t-il un malentendu ? Pour notre toponymiste : «non, car la frontière ne se place pas à cet endroit. Le peuple palestinien se définit par l'ensemble des habitants de ce territoire, ceux-là mêmes qui y étaient avant la création de l'Etat d'Israël en 1947. Elle recouvre les musulmans mais aussi les chrétiens et même certains juifs qui étaient revenus en Terre Sainte depuis 1947.»

Découvrez d'autres exemples (tels que : Proche-orient ou Moyen-orient ?) et admettez que la toponymie est la science de la précision !

En savoir plus :

La toponymie (du grec topos, lieu, et onoma, nom) est une science qui a pour objet l’étude de la formation et de l’évolution des noms de lieux, ou toponymes. C’est également(...)


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