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Les plantes ont leurs hormones (2/2)

Avec Christian Dumas, de l’Académie des sciences, Patrick Laufs et Catherine Rameau

Les stratégies d’adaptation des plantes livrent petit à petit leurs secrets aux chercheurs. Dans cette deuxième partie de retransmission de séance conjointe Académie des sciences/ Académie nationale d’agriculture, intéressons-nous au développement des feuilles et à la découverte de nouvelles hormones qui contrôlent la ramification des plantes.


Dans la première partie de retransmission de séance, Michel Caboche, Laurent Nussaume et Jan Traas s'expriment sur l'intérêt du phosphate pour le développement des plantes ainsi que sur le mécanisme de développement des tiges d’une plante.

Dans cette deuxième partie, retrouvez Patrick Laufs, Catherine Rameau ainsi que Christian Dumas, de l'Académie des sciences (qui clôture la séance).

Des hormones qui contrôlent la ramification des plantes




Les plantes sont fixées au sol et doivent intégrer de multiples facteurs endogènes et environnementaux pour coordonner leur différenciation et leur développement. Cette coordination repose sur l’action de molécules qui agissent à de très faibles concentrations et qui constituent des
signaux de communication entre les cellules et entre les organes. On les désigne sous le terme générique d’hormones végétales. Les travaux réalisés jusqu’à présent ont mis en évidence moins d’une dizaine d’hormones mais il est tout à fait vraisemblable que d’autres restent à découvrir.


Catherine Rameau, (Directeur de recherche à l’INRA Station de Génétique et Amélioration des Plantes, Versailles) a travaillé sur le contrôle génétique et physiologique de la ramification de la plante, à partir d’une importante collection de mutants hyper-ramifiés (mutants ramosus) de pois et qui vient d’aboutir à l’identification d’une nouvelle classe d’hormones végétales, les strigolactones, qui répriment le débourrement des bourgeons axillaires situés à l’aisselle de chaque feuille.


La théorie classique de la dominance apicale élaborée à partir des années 30 et qui est basée sur des expériences de décapitation du bourgeon apical et d’application exogène d’hormones stipulait que l’auxine (acide indole acétique) et la famille des cytokinines (isopentényle adénine, zéatine) étaient les deux seules hormones impliquées dans le contrôle du développement des bourgeons axillaires. Les expériences de l'équipe de Catherine Rameau suggèrent que les strigolactones sont en fait le(...)


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