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Chiens et crocodiles

Mot pour mot, la chronique de Jean Pruvost

Jean Pruvost, lexicologue, nous raconte pourquoi le mot « chien » figure dans de nombreuses expressions : on ne vous regardera pas en chien de faïence si vous dormez en chien de fusil ! Et en passant, il en profite pour nous faire comprendre comment on peut avoir un "chat dans la gorge". Et cessez d’avoir des larmes de « crocodile » puisque vous en connaîtrez maintenant l’étymologie et saurez les distinguer des caïmans et autres alligators !


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Un chien dans la gorge !

Un récent roman de Charles Nemes s’intitule Un chien dans la gorge, titre qui forcément fait penser au chat dans la gorge, ou encore à ceux qui s’entendent comme « chien et chat ». De fait, le chien, dans nos dictionnaires est à l’origine de nombreuses expressions qu’il s’agisse par exemple d’une certaine façon de dormir, ou de se regarder bien froidement, ou encore d’arriver sans être attendu.
Avant toute chose, on nous en voudrait de ne pas expliciter le fait d’avoir un chat dans la gorge… On se doute bien qu’il ne s’agit pas à vrai dire d’un matou bloqué dans l’arrière-gorge. Mais le chat est si familier dans notre imaginaire que l’absurdité de l’expression n’a gêné personne. En fait, le mot maton, pas loin de matou, mais aussi le chat ont désigné des grumeaux, des caillots dans toutes sortes de substance, d’où le chat dans la gorge. C’est vrai que c’est plus délicat de penser aux poils du chat.

Revenons au chien, et à quelques expressions dont il est le héros parfois difficile à interpréter, par exemple dormir en chien de fusil. Certes, on fait référence au chien qui replie ses pattes sur lui-même pour dormir, mais on joue aussi sur le chien de fusil, c’est-à-dire la pièce coudée qui porte la pierre à feu dans les armes anciennes et qui ressemble à un chien. « Un homme sans femme, c’est un pistolet sans chien » s’exclame Victor Hugo dans les Misérables… Quant à se regarder en chiens de faïence, c’est effectivement se regarder à la manière glaciale et hostile des faïences décoratives, souvent par paires. Enfin, arriver comme un chien dans un jeu de quilles, mal à propos donc, n’a pas besoin d’être expliqué, tout comme entre chien et loup, au crépuscule entre le gris et le noir, mais souvenons-nous de l’expression plaisante : un chien regarde bien un évêque formulée pour signifier que même avec une différence de rang, on peut dialoguer. Quant aux avares, on dit qu’ils n’attachent pas leur(...)


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