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Objet d’art : Les entre-deux du boudoir Napoléon III

Une rubrique de Bertrand Galimard Flavigny

Reconnaître le mobilier Napoléon III : placage d’ébène et bois laqué noir, décor de bronzes dorés et de nacre, avec parfois une marqueterie de porcelaine, voici quelques uns des éléments qui caractérisent ce style. Bertrand Galimard Flavigny, amateur d’objet d’art, présente ici une paire de meubles, des entre-deux, et explique la sublime trouvaille de marqueterie de Julien Nicolas Rivart.


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Permettez-moi un souvenir personnel. Quelques uns d’entre vous connaissent naturellement les éditions du Mercure de France. Elles ont été longtemps dirigées par Simone Gallimard. Nombreux sont les auteurs et les journalistes qui se souviennent de cette femme qui aimait recevoir et mettre en présence tout ce petit monde. Elle avait une manière bien à elle de descendre l’escalier de l’immeuble du 26 de la rue de Condé ou Le Mercure, comme on l’appelle en raccourci. Simone Gallimard était reine en son domaine et princesse des lettres, et si elle menait sa maison d’un air madré, ce n’était jamais sans élégance. Sitôt que l’on pénétrait dans le hall des éditions, nous avions l’impression d’être reçu dans un boudoir. A condition de contourner le bureau d’Alfred Valette, le fondateur de la revue du même nom qui trônait encore majestueux et large au fond de l’immense pièce.

Sur la droite, surgissait en effet un petit salon meublé de chaises, guéridons et meubles d’époque Napoléon III. C’était charmant et un peu décalé en comparaison d’autres maisons d’éditions. Nous nous y sentions bien et nous pouvions songer, lorsque la porte de la bibliothèque attenante était ouverte, à tous ces auteurs qui étaient avant nous en ces lieux : Henri de Régnier, Pierre Louÿs, Remy de Gourmont, Émile Verhaeren, Rachilde, Jules Renard, Alfred Jarry, Marcel Proust, Léon Bloy, Marcel Schwob, Victor Segalen, Paul Léautaud, Apollinaire, Mac Orlan ou Georges Duhamel... Pour les plus anciens et encore Pierre Reverdy, Henri Michaux, Pierre Jean Jouve, Yves Bonnefoy, Georges Séféris, André du Bouchet, Adonis, Louis-René des Forêts et aussi, grâce à Renaud Matignon, alors directeur littéraire, Pierre Klossowski et Eugène Ionesco. Puis-je ajouter les noms de mes contemporains, ceux que j’ai croisés : Claude Faraggi, Jocelyne François, François-Olivier Rousseau, Nicolas Bréhal, Paula Jacques et Dominique Bona, sans oublier Emile Ajar, que je n’ai naturellement pas rencontré.



Tout ceci pour évoquer des meubles d’entre-deux, d’époque Napoléon III. Sous le Second Empire, il était du meilleur ton d’étaler le luxe. Le commandement de Guizot : « enrichissez-vous », avait fait ses effets. Après la parenthèse de la II° République (1848-1851) et « ses généreuses utopies sociales », selon le mot d’un(...)


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