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Les villes, espaces d’urbanité

La chronique Géographie de Jean-Robert Pitte, de l’Académie des sciences morales et politiques

3 milliards d’hommes vivent dans des villes. Pourquoi ? Quels attraits la ville, même devenue mégapole, offre-t-elle ou quels inconvénients la campagne présente-t-elle ? Que faut-il inventer pour que la ville soit un espace d’urbanité agréable à vivre ? En géographe, Jean-Robert Pitte propose ici une réflexion politique, au sens premier du mot : "il n’y a pas de ville sans volonté de vivre ensemble"...


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Le XXème siècle a été marqué par la plus grande révolution que la planète ait connue depuis l’hominisation : la concentration de la moitié de sa population, c’est-à-dire de ses 6 milliards d’habitants, dans ces lieux improbables que sont les villes. Improbable, en effet, alors que toute l’histoire de l’humanité a consisté en une expansion territoriale des sociétés en quête de nourriture végétale et animale, y compris jusqu’aux limites froides, chaudes, sèches ou humides des continents. Brusquement, ces nécessités ne semblent plus faire loi et les villes enflent jusqu’à atteindre des tailles que personne n’aurait imaginées il y a quelques décennies. Trente millions d’habitants se pressent dans l’agglomération de Tokyo, 25 millions autour de New York, au cœur de la mégalopolis du nord-est des Etats-Unis, plus de 15 millions autour de Mexico, São Paulo, Osaka, Jakarta, Los Angeles, Bombay ou Manille. S’y ajoute une dizaine de métropoles qui approchent ou dépassent les 10 millions d’habitants. Avant le XIXème siècle, seuls la Rome antique ou le Tokyo de l’époque d’Edo dépassèrent le million d’habitants. Puis ce fut l’explosion.

Si les villes ont connu un tel succès, c’est assurément qu’elles présentaient des attraits, en particulier le fait que la révolution industrielle puis celle des services s’y soient déroulées, les campagnes se réduisant peu à peu aux seules fonctions agricoles et touristiques. Il existe des exceptions, comme l’Allemagne, le Benelux, le nord-ouest de l’Italie, le Japon, l’est de la Chine et quelques autres régions du globe, qui possèdent un important secteur industriel implanté en milieu rural, mais les densités de population y sont parmi les plus fortes au monde et le milieu rural est en réalité « rurbain ». Où que l’on soit, on aperçoit des maisons, des routes, des usines. Les parcelles bâties sont imbriquées avec les champs.




Il peut sembler paradoxal que cette évolution ait aussi bien concerné les pays pauvres que les pays riches ; c’est que dans les premiers, la vie à la campagne est souvent aléatoire. On y est à la merci des irrégularités climatiques qui anéantissent souvent les espoirs d’une récolte suffisante. On y subit aussi(...)


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