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Le Symbolisme, ses intuitions fondatrices (1/2)

avec l’historien d’art Michael F. Gibson, auteur du livre Le symbolisme

Michael Gibson, auteur du beau livre Le Symbolisme, paru chez Taschen, nous introduit dans ce monde énigmatique. Le mouvement artistique que nous appelons Le Symbolisme a vu le jour au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et s’est éteint avec la Première Guerre mondiale.


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Le symbole a toujours et partout été présent dans l’art, et ce depuis ses débuts dans la préhistoire. Alors pourquoi donner précisément le nom de Symbolisme à ce mouvement artistique né précisément à cette période-là, milieu du XIXe et la Première Guerre mondiale ?




Les ethnologues ont apporté un précieux éclairage à la question.
Comme ils l’ont démontré en seulement un siècle de travail, aucune société ne saurait exister en l’absence d’une construction imaginaire, d’un paysage commun symbolique si l’on veut, qui définit l’identité de chacun de ses membres en leur faisant connaître leur origine et leur destination.
Aucun individu ne peut se construire en tant que personne sans s’appuyer sur une filiation. Or, l’une des plaies de la société contemporaine est justement le refus de toute filiation.
La filiation, dans la mesure où nous ne saurions avoir aucune connaissance directe des temps d’avant notre naissance, ne peut être que symbolique - une représentation symbolique. Or l’idéologie du XIXe siècle encourageait le mépris à la fois du symbole et du passé – et donc des générations antérieures, des pères. La radicale tabula rasa soviétique est issue de cette même mentalité : nous allons créer un homme nouveau.
De même, l’idée que nous nous faisons de notre destination, elle aussi, ne peut être que symbolique – puisque nous ne pouvons l’anticiper nous devons la représenter par une figure. Même notre identité est enracinée dans ce terrain. Il s’en suit, comme l’affirme le philosophe Georgien Merab Mamardashvili, que « l’homme est une institution symbolique ».



Toutefois, à cette époque la société toute entière entrait alors dans une grande crise du symbole dont nous ne sommes toujours pas sortis. Le grand chambardement d’Henry de Groux, de 1893, en est une parfaite illustration. Toute une société prend congé d’un terrain familier et chéri et prend la route de l’exode. Mélancolique cortège et(...)


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