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Les écrits gnostiques : de Louxor à Nag Hammadi

par Nicolas Grimal, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, égyptologue, professeur au Collège de France

Ce n’est pas un hasard si les écrits gnostiques ont été découverts à Nag Hammadi : Nicolas Grimal démontre que cette partie de l’Egypte a été, du temps des pharaons, un haut lieu de la métaphysique et de la réflexion théologique. Ecoutez son intervention lors du colloque "Les textes de Nag Hammadi" organisé par l’Académie des inscriptions et belles-lettres.


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Le colloque international "Les textes de Nag Hammadi : histoire des religions et approches contemporaines", organisé par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en partenariat avec l'université Laval (Québec), les 11 et 12 décembre 2008, s'est tenu à Paris, à la fois à la Fondation Simone et Cino Del Duca et dans la salle des séances de l'Institut de France.

Victimes du temps et des hommes, les écrits gnostiques ne furent longtemps accessibles qu'à travers les citations ou les résumés des Pères de l'Eglise (IIè-IVè siècles) qui furent acharnés à les combattre. Tout changea en 1945 lors que l'on découvrit, à Nag Hammadi, à quelque 130 km au nord de Louxor, dans une jarre, douze livres reliés en cuir et plusieurs feuillets d'un treizième, au total près de 1200 pages de papyrus. On connaissait enfin la rédaction complète de plusieurs écrits discutés par les philosophes néoplatoniciens et les hérésiologues chrétiens, l'Evangile de vérité, attribué à Valentin, le Livre des secrets de Jean, résumé par Irénée, ou le célèbre Evangile de Thomas, qui contient une très ancienne collection des paroles de Jésus.

Comme l'a souligné Nicolas Grimal dans son intervention, il est sans doute délicat de tenter d'établir une connection entre l'Egypte pharaonique et les textes gnostiques des premiers siècles du christianisme. Et pourtant ce n'est pas sans raison que ces textes ont été trouvés en Egypte et, tout particulièrement, dans cette partie de l'Egypte que l'on appelle (à tort sur le plan historique mais c'est une autre affaire) la moyenne Egypte. Nicolas Grimal démontre que ceux-ci ne peuvent être "délocalisés".

Il convient de remarquer d'abord que ces textes ont très tôt fait l'objet d'une traduction en copte.



L'élément géographique est tout à fait essentiel. Car cette partie de l'Egypte, dite moyenne Egypte, fut en fait le coeur de la réflexion théologique, le foyer de la religion et de la culture pharaonique. Cette zone demeura assez refermée sur elle-même et donc à l'abri des influences postérieures arabo-musulmanes. Elle fut donc l'un des foyers de la civilisation proprement pharaonique, qui vécut dans ce "bain culturel" originel. Et c'est dans cette même zone(...)


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