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Le gâteau ou la galette des Rois

Des saturnales romaines à l’Epiphanie, par Jean Vitaux

Le gâteau des rois est le gâteau traditionnel que l’on mange le jour de la fête chrétienne de l’Epiphanie qui célébrait, dans les premiers siècles de l’Eglise, la "manifestation" du Christ, c’est à dire sa naissance et sa reconnaissance par les bergers et les mages. Lorsque celle-ci fut fixée le 25 décembre, on célébra le 6 janvier l’adoration de Jésus par les Rois Mages, Melchior, Gaspar et Balthazar, venus d’Orient, guidés par l’étoile brillante qu’ils avaient observée dans le ciel (Matthieu, 2, 1-12). Ils symbolisent le côté universel du message chrétien.


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Le gâteau des Rois revêt des formes variables selon les traditions régionales : dans le midi de la France, il s'agit d'une brioche ou d'une pâte levée de farine, de beurre, de sucre et d'oeufs parfumée à la fleur d'oranger et souvent additionnée de fruits confits, parfois en forme de couronne que l'on appelle le Royaume, notamment dans les Cévennes. A Paris, c'est une galette de pâte feuilletée légèrement beurrée, de nos jours le plus souvent garnie de frangipane.

A Paris, dès le XVIe siècle, la gâteau des Rois a été l'objet d'une guerre féroce entre les boulangers et les pâtissiers : ces deux corporations voulaient chacune obtenir le monopole de vendre ce gâteau symbolique : les pâtissiers gagnèrent et François Ier leur accorda le monopole de la vente des gâteaux des Rois. Cet arrêt fut confirmé plusieurs fois par le parlement jusqu'au XVIIIe siècle. Mais les boulangers ne s'avouèrent pas vaincus : ils offrirent à leurs clients pour l'Epiphanie des galettes, d'où le nom moderne du gâteau des Rois.

Mais, cette belle tradition a eu aussi ses détracteurs : ainsi dès l'Ancien Régime, les chanoines de Saint-Germain-des-Prés s'élevaient contre cette tradition, cause de superstitions et d'ivrognerie : nous verrons qu'ils n'avaient pas totalement tort car la fête des Rois est peut être la survivance des saturnales romaines. Sous la Révolution, la fête des Rois devint la fête des Sans-Culottes ou fête du bon voisinage. Certains révolutionnaires s'insurgèrent sur le fait que dans le République, on pouvait encore fêter les ombres des tyrans : après avoir songé à interdire la fête, et à poursuivre les pâtissiers délinquants et ceux qui participeraient à de telles orgies, on se décida avec raison à habiller la fête des Rois en fête du bon voisinage, pour ne pas mécontenter les boulangers et les pâtissiers qui jouaient un rôle majeur dans l'approvisionnement et l'alimentation de l'époque.

La tradition du gâteau des Rois s'est maintenue jusqu'à nos jours, mais désormais les boulangers les vendent et ne les donnent plus et, à Paris au moins, les galettes se sont hybridées avec le Pithiviers pour donner des galettes fourrées à la frangipane. Le dernier acte historique concernant la galette des Rois remonte à 1975, date à laquelle la galette des Rois, certes géante (1 mètre de diamètre) entra à L'Elysée, offerte par les boulangers et pâtissiers de France.

Mais il n'y a pas de vraie(...)


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