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Que me veux-tu ?

Une allusion historique présentée par Jean-Claude Bologne

Si vous dites "Que me veux-tu ?" lorsque vous êtes agacé, vous utilisez une allusion historique. Découvrez son histoire, celle de Fontenelle qui l’aurait utilisée contre une sonate ou même celle de Jésus qui l’aurait répliquée à sa mère, tandis qu’on la retrouve aussi chez Hugo et Verlaine !


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Voilà une manière très simple de manifester son agacement, et personne n’irait chercher derrière cette expression un peu cavalière une allusion historique. Mais notre attention est attirée par la fréquence des contextes musicaux dans lesquels on la trouve. « Post-modernité, que me veux-tu ? » s’emporte le compositeur John Bréa dans une conférence. « Tango, que me veux-tu ? » renchérit le compositeur Astor Piazzolla (bandonéoniste argentin)...

Dans l'Encyclopédie...

Elle fait alors directement référence à un mouvement d’humeur du philosophe Fontenelle, mort quasi centenaire en 1757. C’est Jean-Jacques Rousseau qui rapporte l’anecdote en 1765 dans un article de l’Encyclopédie. « Excédé par cette symphonie éternelle », prétend-il, le vieil académicien s’était exclamé au milieu d’un concert, « dans un transport d’impatience » : Sonate, que me veux-tu ? »

La sonate est alors en vogue dans la musique française, et lorsque le jeune Jean-Jacques, qui fut un musicien suisse avant d’être un philosophe français, arrive à Paris, il est lui-même excédé par cette mode tout juste due, selon lui, au manque de musicalité de notre langue. Les Italiens ont inventé l’opéra, mais les Français, pour en imiter l’harmonie, auraient dû préférer l’accord des instruments à celui des voix. « J’ose prédire qu’une mode si peu naturelle ne durera pas », affirme-t-il avec la même conviction que madame de Sévigné prétendant que Racine passerait comme le café. L’immense succès de la musique instrumentale, en général, et de la sonate en particulier suffirait à inscrire Rousseau dans la longue liste des devins de village mal inspirés qui, quant à eux, ne sont pas passés de mode.

Et dans l'Evangile

De la part d’un homme aussi cultivé que Fontenelle, il s’agissait sans doute d’une allusion biblique : « Femme, que me veux-tu ? »(...)


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