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Le sinologue Paul Pelliot et les études sur Marco Polo

Par Philippe Ménard, de l’université de Paris-IV Sorbonne

En octobre 2008, le Collège de France et l’Académie des inscriptions et belles-lettres ont organisé un colloque international autour de la figure du grand sinologue Paul Pelliot (1878-1945), qui a complètement transformé nos connaissances sur l’histoire de la Chine médiévale et apporté un éclairage nouveau sur les échanges entre l’Asie centrale, la Chine et l’Inde. Il fut sans doute le premier sinologue occidental à traiter en égal avec les savants chinois. Dans son œuvre considérable, il se passionna pour le voyageur vénitien Marco Polo. Canal Académie vous propose d’écouter l’intervention de Philippe Ménard, professeur émérite à la Sorbonne, à propos des études de Paul Pelliot consacrées à Marco Polo.


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Aux alentours du XIIIe siècle, le Vénitien Marco Polo entreprit un long voyage qui le conduisit jusqu'en Chine. Pendant 17 ans, il mena des missions au nom de l'empereur mongol, en Chine comme dans les pays voisins. De retour à Venise, il combattit contre Gênes. Fait prisonnier par la cité marchande adverse, il rédigea son récit de voyage, Le devisement du monde, connu sous le nom de Livre des merveilles.



En raison de son exceptionnelle connaissance des langues asiatiques et de ses recherches sur Marco Polo, comme en témoignent ses cours au Collège de France de 1928 à 1930 et de 1936 à 1939, Paul Pelliot rédigea des Notes sur Marco Polo en trois volumes, qui présentent une foule de discussions et de précisions nouvelles. Il a pu, pour cette synthèse, exploiter son don des langues en se servant du latin, du grec, du chinois, du persan, de l'arabe, de l'arménien, du sanskrit et des langues altaïques comme le turc, le mongol, l'ouïgour. Les notes de Paul Pelliot n'ont pas été contestées scientifiquement jusqu'à présent. Il a surtout contribué à identifier nombre de toponymes cités dans le texte originel.
D'après Cristina Scherrer-Schaub, de l'EPHE, des débats pourrraient s'ouvrir sur différents points, comme la mise en œuvre du livre, l'excès de digressions linguistiques, l'absence de cartes, par exemple. Mais l'apport de Paul Pelliot l'emporte largement sur ces critiques.


Pour en savoir plus




Paul Pelliot fut professeur de Langues, histoire et archéologie de l'Asie centrale au Collège de France (1911-1914 ; 1918-1945). Il fut directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1927-1945), et, dans le même temps, professeur de philologie, littérature et art chinois à l'Institut des hautes études chinoises de la Sorbonne. Il fut codirecteur (avec Henri Cordier) puis directeur de la revue T’oung Pao, qui devint la référence dans le monde de la sinologie.


- Académie des inscriptions et belles-lettres, Paul Pelliot fut élu membre de l'Académie au fauteuil de Robert Lasteyrie du Saillant, en 1921.

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