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Prisons : la vérité sur la santé des détenus

avec les professeurs Marc Gentilini et Jean-Pierre Olié

Carences graves en matière d’hygiène, absence de permanence médicale, insuffisance de prise en charge psychiatrique : tel est le constat fait par l’Académie nationale de médecine au sujet des prisons en France. La prison est-elle bien le bon endroit pour ces 25 % de détenus qui présentent de graves troubles psychiatriques ? Faut-il développer le nombre de places en prison ou celles en psychiatrie ? Mise au point sur la santé mentale des prisonniers, avec Marc Gentilini et Jean-Pierre Olié.


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Cette émission a été enregistrée à l'automne 2008.

Marc Gentilini est médecin, ancien président de la Croix Rouge, président pour l’année 2008 de l’Académie nationale de médecine, coordinateur du rapport « La santé en prison ».
Jean-Pierre Olié est chef du service de santé mentale et de thérapeutique de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, et expert national agréé près la Cour de cassation.

La prison : « établissement clos aménagé pour recevoir des délinquants condamnés à une peine privative de liberté ou des prévenus en instance de jugement », nous apprend Le Robert.
Dans les faits, en France, c’est 63 185 détenus au 1er octobre 2008 pour moins de 51 000 places, et un nombre moyen de trois détenus par cellule de 15 m2. Où petits malfrats croisent grands délinquants, où ceux qui sont en instance de jugement croisent ceux qui sont en détention à perpétuité.
On dénombre 96 suicides et morts suspectes depuis le 1er janvier 2008.


Ces détenus purgent des peines relatives à leurs crimes, par décision de justice. Mais dans quelles conditions ?

L’Académie nationale de médecine, dans son rapport datée du 21 octobre 2008, constate :
- des carences graves de l’hygiène,
- l’absence de permanence médicale (la nuit et le week-end),
- la transgression fréquente du secret médical,
- l’insuffisance de prise en charge psychiatrique (25 % des détenus présentent de graves troubles).

Quelque 96 % des détenus sont des hommes qui, s’ils ne sont pas des enfants de chœur, sont vulnérables : en effet, 25 % d’entre eux présentent des troubles mentaux, dont la moitié sont schizophrènes. Alors que la schizophrénie concerne 1 % de la population française, elle touche 13 % de la population carcérale.

Dans certains cas, la prison est un élément révélateur de la vulnérabilité de ses détenus-malades. Car si les schizophrènes ont beaucoup de mal à communiquer avec l’extérieur, paradoxalement, ils ne supportent pas d’être coupés du monde extérieur.

Parallèlement, on observe aujourd’hui une nette réduction « d’irresponsabilité pour motif psychiatrique ».(...)


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